Ce ne sont pas seulement des bêtes que les agriculteurs ont reçues le lundi 18 août dernier à Simboussa et Séréhini, mais un véritable souffle d’espoir. Cinquante-cinq vaches et chèvres ont été attribuées à des exploitations agricoles dans le cadre du projet de promotion et de renforcement de l’élevage et des ressources rurales (PREFER). Une dotation qui place les éleveurs au cœur de la lutte pour la sécurité alimentaire et l’autonomie rurale.
Les bénéficiaires n’ont pas caché leur émotion. « Avec ces animaux, nous allons enfin renforcer notre cheptel et améliorer nos revenus », confie un exploitant de Simboussa, visiblement soulagé. Pour lui, comme pour beaucoup, l’accès à du bétail de qualité reste une étape essentielle pour sortir de la précarité. Le projet prévoit la distribution de 55 vaches et 4 taureaux pour les CRDE de Simboussa et Sereheni, ainsi que 41 chèvres et 7 boucs destinés à des groupements de femmes de Ngazidja. Un choix qui illustre la volonté d’associer les femmes rurales à la relance de l’élevage.
Si la remise des animaux a pris la forme d’une cérémonie officielle présidée par le ministre de l’agriculture, Dr Daniel Bandar, l’enjeu dépasse le protocole. « Cette remise de vaches constitue une étape importante dans la mise en œuvre du projet PREFER. Elle traduit l’engagement du gouvernement à accompagner les éleveurs et exploitants agricoles afin de leur donner les moyens d’améliorer leur productivité et leurs conditions de vie », a rappelé le ministre. Mais pour les techniciens du ministère, la réussite ne se mesurera pas seulement à la remise des bêtes. « Il faut assurer un suivi technique régulier. L’accompagnement des éleveurs est la clé », insiste un ingénieur agricole présent sur le terrain.
Au-delà du soutien immédiat, l’initiative s’inscrit dans une logique de renforcer la filière élevage afin de réduire la dépendance du pays aux importations de viande et de produits laitiers. Les autorités misent sur la modernisation de l’élevage et la diversification des revenus agricoles pour créer de meilleures conditions de vie dans les villages. « Nous espérons que ce projet ouvrira la voie à une agriculture plus compétitive et inclusive », souligne Hamid Soulaimane, un représentant local qui voit déjà l’impact sur les communautés rurales. L’attribution des chèvres et des boucs aux groupements féminins n’est pas anodine. Elle répond à l’objectif de renforcer le rôle économique des femmes rurales dans la production et la commercialisation de produits de l’élevage. Pour Amina Aballah, membre d’un groupement à Ngazidja, « c’est une chance unique de participer à la production familiale et d’avoir une source de revenus stable ».
Avec PREFER, le ministère de l’agriculture ne cache pas son ambition, de faire de l’élevage un pilier de la sécurité alimentaire et de l’économie rurale. Pour les bénéficiaires, le pari ne sera réussi qu’à condition que l’appui se poursuive et que l’encadrement soit effectif. À Ngazidja, les éleveurs repartent donc avec leurs bêtes et un espoir renouvelé. Reste désormais à transformer cette dotation en une dynamique durable pour le monde rural.
Mohamed Ali Nasra
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