Réunis le 10 septembre dernier à la salle de conférence de la direction générale de l’environnement à l’ex-Cefader de Mdé, le ministère de l’agriculture, la direction nationale des stratégies agricoles et de l’élevage (DNSAE) et la FAO ont procédé au lancement officiel du projet TCP/COI/4101.
Financée à hauteur de 465 000 dollars américains, cette initiative vise la transformation de la filière maraîchère par l’optimisation de la culture de la tomate sous serre afin de sécuriser durablement l’approvisionnement national. L’atelier avait pour objectif de partager une compréhension commune du projet, d'examiner le plan de travail et d'établir une coordination étroite entre l'ensemble des acteurs. Dans son discours, le Secrétaire général du Ministère, M. Tadjidine Ben Ahmed, a souligné la place centrale de la tomate dans l’alimentation des Comoriens, tout en observant une production nationale insuffisante et irrégulière. Il a rappelé que les cultures en plein champ demeurent très exposées aux précipitations irrégulières, aux vents violents, au stress hydrique, à la pression des ravageurs et aux pertes post-récolte. Face à ces contraintes, le gouvernement fonde de grands espoirs sur la technologie sous serre. S'inscrivant dans les orientations du Plan Comores Émergent, le projet prévoit l'installation d'infrastructures pilotes au sein des CRDE de Dimadjou (Grande Comore), Tsembehou (Anjouan) et Mlédjélé (Mohéli).
Le Secrétaire général a appelé à faire de cet atelier un espace de concertation tout en insistant sur l’appropriation nationale, le renforcement des compétences et l’implication active des femmes et des jeunes. Prenant la parole au nom de la FAO, Radonirina Ioniarilala, Chef du bureau aux Comores, a invité à transformer les contraintes actuelles en opportunités d'innovation adaptées au contexte local. Il a affirmé que le projet entend réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations, particulièrement durant la contre-saison. Cette intervention s'appuie sur une collaboration solide ayant déjà fait ses preuves dans le renforcement du système semencier, la gestion durable des terres et la protection des cultures. Le représentant de la FAO a précisé que les installations couvriront une superficie cible de 600 mètres carrés répartis sur les sites pilotes. Il a souligné que le succès ne se mesurera pas uniquement au nombre de serres montées, mais à l'atteinte d'un rendement moyen de 20 tonnes par hectare et à la maîtrise durable des technologies par les producteurs.
Au-delà des infrastructures, les attentes reposent principalement sur le renforcement du capital humain. Le projet prévoit la formation de 100 producteurs et techniciens, avec pour objectif qu'au moins 70 % d'entre eux appliquent les bonnes pratiques agricoles recommandées. Les données et enseignements recueillis sur le terrain permettront d'élaborer un manuel technique national et de formuler une stratégie nationale de production maraîchère sous serre. À terme, les parties prenantes visent une hausse des revenus agricoles, la valorisation de l'expertise locale et un approvisionnement régulier des marchés comoriens.
Mmagaza
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