Dans le cadre de la préparation du projet d’appui aux Filières d’Exportation et de Développement Rural en Union des Comores, le ministère de l’agriculture avec l’appui de l’Agence Française de Développement AFD et l’équipe de consultants Tero, ont organisé hier jeudi 1er août un atelier de validation des résultats à mi-parcours. Améliorer les revenus des différents acteurs de ces filières et augmenter les valeurs ajoutées, les volumes de production et d’exportation des produits tels étaient l’objectif de cet atelier.
Valoriser les filières de rente notamment l’Ylang-Ylang, la Vanille, le Girofle et Maraîchage tel est l’un des objectifs du ministère de l’agriculture de la pêche et de l’environnement. C’est pour cela, qu’avec l’appui de l’AFD et l’équipe de consultant Tero, il a convié hier, les producteurs et les distillateurs d’Ylang-ylang et les préparateurs de la Vanille ainsi que les exportateurs, à prendre part dans l’atelier. Beaucoup de sujets étaient discutés dont le diagnostic des filières d’exportation des produits de rente et maraichers à la grande Comore et Anjouan qui sont les deux zones d’intervention proposées. Cela concernait essentiellement sur la production et la commercialisation des produits, les enjeux environnementaux, sociaux et climatiques et stratégie d’intervention, pour ne citer que ceux là.
Dan son intervention, le socio-économiste de Tore, Pierre Johnson, s’est étalé sur les enjeux de la filière ylang-ylang. Il a montré les enjeux partagés par tous les acteurs, a cité l’accès à l’énergie pour la distillation, l’accès à l’eau, la qualité des huiles essentielles et l’instabilité, opacité de la demande et des cours. Selon lui, le bois énergie devient rare et cher. La déforestation est préoccupante (Jimlime, Nioumakele…). « Beaucoup de rivières sont asséchées (Anjouan), la réutilisation de l’eau de refroidissement parait essentielle. Le frelatage parait en recul, mais la gradation n’est pas toujours satisfaisante », avance-t-il.
Ce dernier a montré que le dialogue interprofessionnel est en cours dans la filière ylang- ylang. « Une interprofession doit prendre naissance dans les prochains mois, des représentants de certaines professions sont ici présents », lance-t-il avant d’ajouter que « avant cet atelier, nous avons fait deux semaines d’étude avec les acteurs concernés et nous avons compris leurs difficultés. Nous avons mis en place ce projet d’appui aux filières d’exportation afin d’apporter une solution pour valoriser et développer ces produits », poursuit-il.
De son côté, Ibrahima Sittina Farate, consultante locale, elle a signalé les enjeux socioéconomiques de la filière vanille. « Le prix de la vanille préparée à quatre mois en octobre est déterminé par les principaux exportateurs qui n’exportent pas. Seuls ceux qui exportent peuvent affiner 9 à 12 mois. Les producteurs sur Anjouan voudraient un accès direct au marché international. Alors il n’existe pas encore de véritable structure de dialogue interprofessionnel dans la filière vanille. L’Office National de la Vanille est une institution gouvernementale, chargée de la régulation de la filière », explique-t-elle.
Il est attendu de cet atelier un système de production et diversification possible, un plan d’action pour l’augmentation qualitative et quantitative des productions d’ylang-ylang, girofle et vanille et un plan stratégique pour l’amélioration de la production, de la transformation et de la commercialisation des filières d’exportation.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC