La Gazette

des Comores

Ahmed Bacar, patron de l’IUT, dans l’œil de l’ennemi

Ahmed Bacar, patron de l’IUT, dans l’œil de l’ennemi © : HZK-LGDC

Exceller dans son domaine et oublier la politique politicienne, surtout pas. Faire de la politique politicienne sans aucun résultat dans son domaine, bienvenue dans le panier de crabes qu’est l’administration comorienne.


Une guerre a éclaté ces derniers jours au sein de l’Institut universitaire de technologie (IUT) entre une partie des enseignants, le directeur de l’institution et les chefs des différentes composantes. Et pour cause, certains veulent la tête de l’actuel patron de l’IUT dont le bilan est jugé « irréprochable » par beaucoup d’observateurs.

Contacté par La Gazette des Comores, Ahmed Bacar, puisqu’il s’agit de lui, n’y va pas d’une main morte pour répliquer. Celui qu’on surnomme désormais « l’homme à abattre » déclare que sa réussite est l’échec de ses adversaires. « Et c’est ce qu’ils pensent au fond d’eux », lâche celui qui estime à raison que c’est l’envol pris par le bras technologique de l’université des Comores, et sa position en tant qu’interlocuteur dudit IUT qui leur pose problème. « Je ne fais pas de la politique politicienne. Je fais de la politique du développement et c’est ce qu’on appelle émergence », répond-t-il, sèchement.

Confiant de son action à la tête de cette institution, Ahmed Bacar dit avoir une manière de voir les choses. Une politique que le gouvernement et l’université n’ont pas pu faire pour le développement de l’institut. Et cette bonne dynamique qu’essaie de suivre mettre cet ancien chef de département informatique de l’Université risque de lui coûter sa place au risque de mettre en péril tout le panel d’actions qu’il engage pour porter encore plus haut les couleurs de l’IUT.

« J’aime servir, être utile au lieu de rester dans les places publiques à palabrer », assure-t-il comme pour vouloir se distinguer de ceux qui passent leur temps dans les cérémonies et autres manifestations. « Ce que nous allons faire ici sera redevable demain. Une fois qu’on aura formé une vraie élite, nous aurons des vrais responsables qui vont contribuer à construire notre pays sans aucune position politique nécessaire ».

Comptant aujourd’hui près de 500 étudiants, l’IUT espère multiplier son effectif jusqu’à 1000 voire 1500 étudiants dans les quatre années à venir et de ce fait, le directeur, se présentant en modèle d’inspiration, modeste et proche de l’ensemble des étudiants envisage de faire en sorte que les jeunes que l’IUT va former « soient redevables à cette institution que je sois là ou pas ».

Quatre ans depuis qu’il est à la tête de l’IUT, Ahmed Bacar a su faire ce que son prédécesseur qui a fait 12 ans, n’a pas su faire. On peut citer entre autres le renouvellement des partenariats et la signature des conventions avec différents instituts pour accompagner cette dynamique, la conception d’un plan de développement et plan stratégique de l’IUT, la charte graphique et la construction de laboratoires en génie civile.

Ayant réalisé ce qu’il appelle « des actions ponctuelles » lors de ce premier mandat, notre interlocuteur promet de mettre de l’avant la qualité des formations, motiver l’employabilité des étudiants et innover les lieux en visant l’excellence.

« Les aspects sociaux ne sont pas encore très présents, encore moins les outils qui doivent accompagner les étudiants. L’écosystème n’est pas encore là pour permettre à ces jeunes à s’épanouir. Il faut que nos jeunes aient l’esprit de compétition qui va leur permettre de se lancer pleinement dans la créativité à travers des espaces de CoWorking, des bibliothèques, des ateliers et des séminaires », annonce celui qui déborde d’ambitions, jusqu’à voir de l’IUT « une petite Silicon Valley qui vise l’excellence dans l’innovation, un lieu de refuge pour tout le monde où le seul langage sera les TICs ».  

A.O Yazid

 

 


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