Pour faire respecter le couvre-feu instauré par le président de la République, les forces de l’ordre d’Anjouan ont fait usage de gaz lacrymogène sur les récalcitrants.
Samedi 25 avril dernier, le gouvernement a décidé d’instaurer un couvre-feu sur l’ensemble du territoire. La décision est entrée en vigueur le jour-même, et le couvre-feu s’impose à partir de 20H jusqu’à 5H du matin, jusqu’à nouvel ordre. Si à Ngazidja et Mohéli aucun incident n’a été signalé, dans l’île d’Anjouan l’atmosphère a été tendue notamment dans la ville de Mutsamudu où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour forcer les récalcitrants à rentrer dans leurs domiciles. Le journaliste freelance, le célèbre KAY, a fait état, ce soir-là, d’un malade qui était en train de suffoquer. D’autres témoignages, très embarrassants, ont été faits sur le réseau social Facebook.
L’instauration de ce couvre-feu est justifiée selon le décret par la nécessité de renforcer et consolider les mesures de prévention contre le coronavirus. D’autres observateurs de la vie politique pensent en revanche qu’il s’agit d’un moyen de contenir la colère des anjouanais pro 2021. Ces derniers jours, fleurissent sur les réseaux sociaux des appels à des actions civiles et pacifiques en vue de réclamer la tournante en 2021 en faveur de l’île, conformément à l’accord de Fomboni et la Constitution de 2001.
Le couvre-feu est une mesure déjà prise par de nombreux pays pour contenir la propagation du coronavirus. Les Comores ne font donc pas exception, mais à la différence de ces pays, rien ne semble justifier que jusqu’à ce jour, aucun test ne soir réalisé, pour lever le doute sur les cas jugés « suspects » ou dont les symptômes sont assimilables à ceux du Covid-19. Le comité scientifique et le comité de prise en charge ont le devoir d’apporter les réponses à ces interrogations légitimes, soulevées par l’opinion publique et même par des professionnels du corps médical, malgré l’arrivée tant attendue du PCR, censé rendre possibles ces tests.
TM
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