Pour sa première sortie médiatique depuis sa prise de fonction en tant que procureur de la République de Moroni, Mohamed Djouinaid a tenu à clarifier le dossier concernant le mouvement panafricain Mabedja venu aux Comores pour « une marche pacifique contre la vie chère ». Selon lui, il s’agit d’une diversion mais en réalité ce mouvement a des intentions politiques.
Devant la presse, vendredi 10 septembre dernier, le procureur de la République est revenu sur l’arrestation de deux membres du mouvement citoyen Mabedja, venu aux Comores pour une marche pacifique contre la vie chère, la violence faite aux enfants et les inégalités sociales. Selon Mohamed Djounaid, la marche pacifique n’est qu’une diversion pour accomplir leur mission. En effet, ces jeunes de la diaspora ont affiché sur les réseaux sociaux en particulier, une volonté d’une marche pacifique contre la vie chère. Mais après enquête, ils se trouvent qu’ils ont d’autres objectifs en tête. « Jusque-là, il n’y avait pas de problème. Cependant, il se trouve que suivant les éléments en notre possession, l’objectif affiché est une diversion mais ils ont envisagé et programmé un plan », précise-t-il, avant d’ajouter que « pour être clair, je vous renvoie à la vidéo sur Youtube, du secrétaire général du dit mouvement. Ce dernier a été clair sur ses intentions. Il a déclaré que les membres du groupe Mabedja sont choqués de la manière dont les élections présidentielles du 24 mars 2019 sont passées et qu’ils estiment qu’il n’y a pas eu d’élection. Ils ont décidé de mettre un plan pour renverser la situation. Pour cela, depuis plus d’une année, ils ont noué des partenariats extérieurs. Mais pour des raisons sécuritaire et des points sensibles, ils ont préféré ne pas dévoiler leur stratégie et que certains de leurs partenaires se trouvaient déjà aux Comores et qu’ils n’attendaient que leur arrivée ».
Il est affiché dans les réseaux sociaux, que ces derniers ont été inculpés pour des faits de terrorisme. Des propos que rejette formellement le procureur. « Je signale qu’aucune procédure n’est engagé dans les juridictions de Moroni pour des faits de terrorisme. Par contre, il y a des personnes qui sont poursuivies pour des faits de participation à un groupe criminel organisé, des faits d’association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public », précise-t-il.
Après l’enquête préliminaire, une procédure d’information judiciaire est ouverte pour des faits de participation à un groupe criminel organisé, association de malfaiteurs et trouble à l’ordre public. L’information est en cours et des personnes sont mises en examen et sont entre les mains de la justice. Pour mémoire, Chamouin et Farhane sont arrêtés, depuis deux semaines et placés en mandat de dépôt. Le parquet de la République n’a pas fermé les portes pour un non lieu sur les accusations. Le procureur de la République a profité de cette occasion pour annoncer que les dossiers relevant de la Cour de sûreté de l’Etat et les affaires criminelles seront jugées incessamment. Un calendrier sera fixé d’ici la fin du mois.
Andjouza Abouheir
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