Les femmes des Hoani persistent et signent dans leur refus de payer l'eau de la SONEDE. Et la société d’eau n’entend pas revenir sur aucune de ses décisions. Mercredi dernier, une femme protestataire a passé plusieurs heures à la gendarmerie avant d’être relâchée. Du samedi au dimanche, la situation dégénère. L'on compte au moins six femmes blessées qui se trouvent à l’hôpital de Fomboni.
Mercredi dernier, plusieurs femmes du village de Hoani à Mohéli avaient fait un sit-in en face de la brigade de la gendarmerie de l’île. Une des manifestantes s’était opposée à la coupure de son branchement d’eau après plusieurs mois d’impayés. « Nous n’allons jamais accepter de payer cette eau car ce sont nous qui avons payé l’achat du terrain qui a servi à la construction du bassin, ce sont nos mères qui transportaient les matériaux de construction jusqu’à Ngamarumbo. La SONEDE n’était pas là » explique Nihadou une dame de Hoani visiblement très en colère devant la gendarmerie. Et de préciser : « en plus, l’eau n’est pas propre, irrégulière et chère pour nous. Nous leur avons demandé de revenir pour qu'on en discute, ils refusent sous prétexte que la décision vient de Moroni (siège de la direction général) ». Leur collègue a été finalement relâchée avec une amende à payer.
Cependant, la situation s’est encore dégradée depuis samedi dernier où plusieurs femmes de Hoani ont passé la nuit à la gendarmerie. Elles auraient rebranché leurs tuyaux sur le réseau après coupure des agents de la SONEDE. Une foule de manifestants voulait descendre à Fomboni ce samedi après midi pour protester, mais elles ont été repoussées par la force de l’ordre depuis Mbouyou wa madji (à l’entrée Ouest Fomboni).
Ce dimanche encore, ces femmes auraient fait irruption sur le réseau d'eau pour procéder à des coupures à grande échelle. Des échauffourées ont eu lieu entre la force de l’ordre et les femmes de Hoani. Des maisons défoncées, des mobiliers domestiques cassés et au moins 6 femmes blessées se trouvent au service des urgences du CHRI de Fomboni. Deux enfants, selon un témoin, ont été agressés.
Une réunion d’urgence qui va intégrer les hommes et les femmes protagonistes de Hoani est prévue par le maire de la commune de Moimbassa pour tenter de faire baisser la tension. Selon des sources concordantes, le réseau d’adduction d’eau de Hoani a été mis en place par un projet financé par la Banque mondiale avec la participation communautaire des villages bénéficiaires.
Riwad
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