La Gazette

des Comores

Azali sur France 24: Le chef de l’Etat comorien remet la France devant ses responsabilités

Azali sur France 24: Le chef de l’Etat comorien remet la France devant ses responsabilités © : HZK-LGDC

Le président Azali Assoumani rejette la responsabilité de la montée de la délinquance à Mayotte à ceux qui y administrent l’île. C’est qu’il a en substance déclaré dans une interview accordée à France 24. Le chef de l’Etat a réitéré ses appels au dialogue face à l’opération Wuambushu, à l’origine de la crispation diplomatique entre Moroni et Paris.


De passage à Paris après avoir pris part à la cérémonie du couronnement du roi Charles III à Londres, le président Azali Assoumani a accordé une interview à France 24. Comme on pouvait s’y attendre, l’entretien a essentiellement porté sur l’opération Wuambushu déclenchée par les autorités françaises et dont l’objectif semble-t-il est de lutter contre la délinquance qui a pris une proportion violente à Mayotte. 

 

Pour le président Azali Assoumani, la responsabilité première de la montée de cette délinquance dans l’île comorienne de Mayotte incombe au pays qui l’administre. « Si on parle de délinquance à Mayotte. Qui est le coupable et qui est le responsable ? La France gère cette île depuis 47 ans, elle est donc responsable pour ne pas dire coupable », fait-il savoir. Pour le chef de l’Etat, la solution de la lutte contre la délinquance ne doit pas passer par la force en expulsant massivement ces jeunes qui devront, par contre bénéficier d’un encadrement en leur donnant notamment des formations pour pouvoir les faire sortir de ce guêpier.  

 

Bien qu’il reste ouvert au dialogue avec les autorités françaises dans un cadre élargi, le président de la République campe sur la position de son gouvernement de ne recevoir que les personnes qui seront munies d’une pièce d’identité. Pour-lui, il n’est pas question que dans le cadre de cette opération décriée partout, la rencontre prévue à Paris soit cantonnée entre uniquement les deux ministres de l’intérieur.  Si rencontre il y a, elle doit être selon toujours lui, élargie aux ministres des affaires étrangères et de la défense des deux pays. 

 

Quant aux menaces brandies ces derniers temps par une partie de la classe politique française notamment l’extrême droite, appelant à la suspension des aides directes, pire le gèle des visas pour les officiels comoriens face au refus du gouvernement d’accueillir les refoulés de Mayotte, le président Azali Assoumani estime que « ce chantage n’est pas à la mesure de la France ». A l’en croire, certes il y a eu un précédent au paravent mais elle n’a pas donné des bons résultats, d’après ses propres mots. 

 

Par rapport à la situation au Soudan où les deux généraux se livrent une guerre sans merci, le président en exercice de l’Union Africaine qui dit être en contact régulier avec les deux belligérants, salue la médiation saoudienne pour parvenir à une trêve qui doit aboutir à un couloir humanitaire. Il souhaite par ailleurs que l’Union Africaine puisse jouer un rôle central dans la résolution de la crise. Car « c’est au africains de résoudre un problème africain », a-t-il martelé.

 

Maoulida Mbaé

 

 


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