Une quarantaine de prisonniers se sont échappés de la maison d’arrêt de Moroni le soir de la rencontre Comores/Kenya au stade omnisport de Malouzini. Parmi eux, se trouve Inssa Mohamed, célèbre sous le surnom de Bobocha, présenté comme le « cerveau » de la tentative d’attentat à la dynamite contre l’avion du chef de l’État Azali Assoumani, en avril dernier à Anjouan. Il a été arrêté à Madagascar et extradé à Moroni le mois de juin.
Sur 241 prisonniers, une quarantaine de détenus ont réussi à prendre la fuite le soir du dimanche dernier, qui coïncide avec la rencontre à Moroni entre l’équipe des Comores et celle de Kenya, dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique et des Nations. D’après nos informations, les forces de l’ordre appelées à la rescousse, appuyées par des civils, ont réussi à mettre le grappin sur 13 autres prisonniers qui n’auront pas réussi à s’envoler loin de leur lieu de détention.
Selon des sources de la gendarmerie nationale, les évadés avaient réussi à neutraliser les gardiens et défoncer la clôture: « Ils ont réussi à défoncer un mur et prendre la fuite. La sécurité a essayé à tout prix de les attraper. Ils n’ont pu arrêter que quelques uns, dont le tristement célèbre Mafura, un meurtrier. Les autres sont actuellement dans la nature », souligne notre interlocuteur. Parmi les évadés, se trouve Bobocha. Inssa Mohamed de son vrai nom est incriminé dans l’affaire de tentative d’attentat à la dynamite contre l’avion transportant le chef de l’État Azali Assoumani d’Anjouan à Moheli, en avril dernier.
Il sera arrêté à Madagascar et extradé à Moroni le mois de juin suivant, à bord d’un avion spécial, par un escadron de l’armée malgache, armés jusqu’aux dents. À son arrivée à l’aéroport de Moroni, il a été directement admis à l’hôpital militaire avant d’être conduit à la maison d’arrêt dans l’attente de son procès. S’il n’est pas le détenu le plus célèbre dans un pays où un ancien président et un gouverneur déchu sont en détention, Bobocha avait le mérite d’être le prisonnier le plus surveillé sur le territoire pour avoir conduit, ou fait conduire, des opérations visant à attenter à la vie du chef de l’État.
Son évasion est l’on ne peut plus curieuse surtout quand on sait que rien que dans la semaine dernière, au moins cinq prisonniers s’étaient échappés. Dans notre livraison du 13 novembre, nous avons rapporté des confidences d’un prisonnier à un visiteur selon lesquelles, des codétenus mijotaient un plan d’évasion pour fuir les conditions de détention très dures. Comment ces détenus, dont le lieu de détention jouxte le siège de la gendarmerie nationale, ont-ils réussi à faire aboutir leur projet trois jours seulement après avoir donné l’alerte ?
Andjouza Aboubeir
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC