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des Comores

Cartographie numérique : Les Comores passent à la cartographie numérique

Cartographie numérique : Les Comores passent à la cartographie numérique © : HZK-LGDC

À l’approche du prochain recensement général de la population, l’INSEED se dote d’un laboratoire de cartographie numérique destiné à moderniser la collecte des données et à améliorer la connaissance du territoire national. Grâce aux tablettes, aux images satellitaires et aux outils de systèmes d’information géographique, cette nouvelle infrastructure doit permettre de gagner en précision et en rapidité. Mais pour réussir cette transition, l’institution compte aussi sur l’engagement de l’État et la sensibilisation de la population.


La cartographie comorienne s’apprête à tourner une page. Pendant longtemps, les opérations de terrain reposaient sur des cartes imprimées et des documents papier, que les agents devaient emporter lors de leurs déplacements. Avec la mise en place d’un laboratoire de cartographie numérique au sein de l’Institut National de la Statistique et des Etudes économiques et Démographiques (INSEED), cette méthode est appelée à évoluer profondément. L’objectif est de cartographier et de numériser l’ensemble du territoire national. Désormais, les agents pourront s’appuyer sur des tablettes pour collecter les informations directement sur le terrain. Une évolution qui ne concerne pas seulement les outils de travail mais elle doit aussi transformer la manière dont les données sont suivies, traitées et exploitées.

« Jusqu’ici, les équipes devaient attendre le retour des données du terrain pour commencer leur analyse. Avec la cartographie numérique, ce délai devrait considérablement diminuer. Les responsables pourront suivre les opérations au fur et à mesure de leur déroulement et mieux apprécier le travail effectué par les agents », explique le chef de division du département de la cartographie du RGPH5, Ibrahim Moussa. Cette évolution représente un changement important pour les équipes de l’INSEED. En permettant de repérer plus rapidement les difficultés et les éventuelles omissions, le dispositif doit faciliter le suivi des activités et renforcer la fiabilité des informations recueillies. Le gain de temps constitue également un enjeu majeur. Là où l’exploitation des données pouvait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, les nouveaux outils doivent permettre d’obtenir des résultats plus rapidement et de disposer d’informations géographiques plus précises.

Un outil essentiel pour le prochain recensement

Pour accompagner cette transformation, l’INSEED a pu acquérir des logiciels spécialisés dans les systèmes d’information géographique (SIG), grâce à un financement de la Banque mondiale à travers le projet STATCAP. Parmi les outils cités figure ArcGIS Pro, développé par Esri et destiné notamment à la production, à la gestion et à l’analyse des données géographiques. L’appui ne se limite pas à l’acquisition des logiciels. Des formations ont également été organisées afin de permettre aux équipes de se familiariser avec ces nouveaux outils et de mieux les intégrer dans leurs activités. Pour l’institution, cet investissement doit contribuer à renforcer les capacités nationales en matière de cartographie et à préparer les prochaines opérations statistiques. Car au-delà de la modernisation des équipements, c’est toute une méthode de travail qui est appelée à changer.

« Le nouveau laboratoire devrait jouer un rôle central dans la préparation du prochain recensement général de la population. La cartographie constitue en effet une étape déterminante. Elle permet de délimiter les zones à couvrir, de repérer les ménages et d’organiser le travail des agents chargés du dénombrement. Avec les outils numériques, les équipes pourront mieux suivre les secteurs visités et identifier ceux qui restent à couvrir. Chaque ménage recensé pourra être localisé dans le dispositif cartographique, ce qui facilitera les contrôles et réduira les risques d’oubli ou de double comptage », précise-t-il.

L'enjeu est de disposer d'une vision plus précise du terrain avant même le lancement du dénombrement. La cartographie ne sera donc plus seulement un support utilisé par les agents pendant leurs déplacements mais elle deviendra un outil de suivi de l'ensemble de l'opération. « Cette transition marque aussi une rupture avec les anciennes pratiques fondées sur le papier. Pour l'INSEED, le passage au numérique doit désormais s'inscrire dans la durée et servir aux différentes opérations statistiques à venir ».

La sensibilisation, un défi à ne pas négliger

Si les outils techniques sont désormais au cœur de cette modernisation, leur efficacité dépendra aussi de la participation de la population. La réussite d’une opération de recensement repose sur la capacité des agents à accéder aux ménages, mais également sur la compréhension, par les habitants, de l’importance des informations recueillies. Par rapport à la sensibilisation, le chef du département de la sensibilisation, le chef du département de la sensibilisation et communication du RGPH-5 a déjà élaboré un document stratégique qui montre toutes les activités qui vont se faire au niveau de la sensibilisation. « On a élaboré un chronogramme d'activité, mais par rapport à la sensibilisation du RGPH pilote, nous avons 50 ZD à faire la sensibilisation pour le recensement. Au niveau de Moheli, il y a 10 ZD, au niveau d’Anjouan, il y a 15 ZD et au niveau de Ngazidja, il y a 25 ZD. Donc maintenant nous voulons sensibiliser les zones d'intervention sur le recensement pilote », montre Achrafi Mbechezi.

Ce dernier a déjà élaboré un chronogramme pour faire la sensibilisation au niveau de ces 50T. selon lui, ils vont voir les autorités locales qui sont les préfets, les maires et les chefs de localité et ils ont prévu de commencer cette sensibilisation avant la descente des agents cartographes censé descendre sur le terrain au mois de novembre. « Il faut sensibiliser les chefs de localité avant que les agents cartographes descendent sur terrain. Comme ça, ces derniers seront au courant de cette opération. Donc normalement la sensibilisation doit se faire même quatre jours avant la descente des agents cartographes. Si on veut faire la sensibilisation maintenant, la population va oublier car nous savons tous que les Comoriens oublient vite. Donc nous voulons être vraiment au rendez-vous ».

Concernant les moyens logistiques et financiers, le chef de division en charge de la communication et de la sensibilisation que cette partie n’est pas pris en charge par le Banque Mondiale. « Nous n’avons pas les moyens nécessaires pour faire cette sensibilisation, mais nous faire avec les moyens de bord. C'est le gouvernement comorien qui a pris la charge de la sensibilisation, mais malheureusement jusqu'à présent, l'État n'a pas encore répondu à notre besoin. Donc maintenant on essaie de voir comment on va faire la sensibilisation en attendant la part du gouvernement ».

 

Ibnou M. Abdou

 

 


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