La direction générale de la sécurité civile (DGSC), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), a lancé une formation stratégique sur le financement des risques et l’assurance inclusive, dans le cadre du Projet insurance and Risk finance facility (IRFF). Cette initiative, qui se déroule du 22 au 26 juin à Moroni, rassemble des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des experts, pour renforcer les capacités de gestion des risques et améliorer la protection des communautés vulnérables face aux catastrophes naturelles.
Cette formation vise à doter les participants des compétences nécessaires pour développer des stratégies de gestion des risques efficaces et durables. Dans son allocution, le directeur général de la DGSC le colonel Abdallah Rafick a rappelé l’importance de cette initiative. « Comme de nombreux petits états insulaires, les Comores sont particulièrement exposées aux aléas climatiques et naturels. Face à cette vulnérabilité structurelle, nous devons renforcer nos capacités d’anticipation et de réponse », a-t-il souligné. La formation s’inscrit dans la dynamique impulsée par la stratégie nationale de réduction des risques de catastrophes (SNRRC), révisée en 2024, et la création du fonds national d’urgence et de résilience (FNUR), deux piliers essentiels de la politique nationale.
De son côté, le représentant résident du Pnud, Snehal Soneji a pour sa part, mis en exergue la réalité des menaces qui pèsent sur l’archipel. « Cyclones, inondations, sécheresses, glissements de terrain et éruptions volcaniques ne sont pas de simples statistiques. Ce sont des réalités vécues par des milliers de familles à travers nos îles », a-t-il déclaré. Il a salué la collaboration entre le gouvernement comorien, le Pnud et la Banque mondiale pour rendre opérationnel le FNUR et bâtir un cadre financier solide pour anticiper les crises. Le conseiller technique du ministre de l’intérieur Mohamed El-had Abbas a insisté sur l’urgence de bâtir un écosystème adapté au contexte comorien. « La résilience n’est pas une dépense, c’est un investissement stratégique. Un investissement indispensable à la sécurité, à la stabilité et à la pérennité du développement de notre nation », a-t-il affirmé. Il a rappelé que le diagnostic mené en 2023 sur l’assurance inclusive et le financement des risques a révélé plusieurs défis notamment l’absence de stratégie nationale de financement, la faible structuration du marché de l’assurance et l’inexistence d’un cadre juridique approprié.
Les intervenants ont salué l’objectif de cette formation qui est de doter les institutions nationales, les collectivités et les acteurs privés des outils, connaissances et solutions innovantes nécessaires pour protéger les populations vulnérables et soutenir le développement durable. « Il ne s’agit pas seulement de réagir après une catastrophe, mais d’anticiper, planifier et protéger les acquis du développement », a rappelé le représentant du Pnud. Cette formation permettra aux participants d’explorer les modèles de financement des risques, de concevoir des solutions d’assurance inclusives et de partager des expériences comparatives avec d’autres pays. L’expertise des formateurs du cabinet CASAI, saluée par tous les partenaires, contribuera à enrichir les débats. L’enjeu des travaux dépasse le seul cadre institutionnel. Il s’agit de jeter les bases d’une culture nationale de gestion proactive des risques, en impliquant tous les acteurs.
Mohamed Ali Nasra
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