La Gazette

des Comores

Cherté de la vie : Des prix qui donnent le vertige

Cherté de la vie : Des prix qui donnent le vertige © : HZK-LGDC

Se nourrir trois fois par jour devient un véritable défi pour le Comorien. Si les médecins conseillent de manger équilibré, le comorien doit se contenter du minimum pour survivre.


Nourrir sa famille, un véritable défi pour le comorien lambda. Depuis quelques mois surtout en cette période de vacances, le coût de la vie devient de plus en plus insupportable. Entre les problèmes de coupures d’eau et d’électricité, s’ajoute une inflation des prix non expliquée des denrées alimentaires. La Gazette des Comores a fait une descente sur le terrain au petit marché de Moroni et les prix nous laissent sans voix. Le poisson bonite (Pwere) qui était vendu 1500Fc le kg grimpe à 3500Fc, sans oublier le kg de thon rouge à 2500 à 3000 Fc contre 1500Fc. Quant à la tomate, vendue à 1000 Fc, elle est fixée à 2000Fc le kg et pour l’ail, un ingrédient incontournable, le prix a doublé (4000 fc), etc.

Entre les commerçants et les clients, l’expression est la même. « La vie est difficile ».  Rencontrée avec son panier en train de faire les 100 pas essayant de trouver mieux, Faouzia Youssouf livre bataille. « C’est compliquée, de nos jours tu dois avoir un portefeuille bien garni pour te nourrir convenablement. Il te faut au moins15.000fc pour manger autre chose que du riz le midi ou le soir », déplore cette mère de famille. « On mange seulement pour survivre mais pas à notre faim. Je ne sais pas pour les autres, mais, chez moi, nous faisons le nécessaire pour nous en sortir. Par exemple le prix d’un kg d’ail est actuellement à 4.000 Fc et l’oignon varie entre 700 à 1000Fc. il faut être riche pour en acheter ». 

Elle n’est pas la seule à subir cette inflation. Nous avons croisé deux jeunes femmes, le regard  vide sous le soleil essayant de négocier le prix des taros. L’une explique qu’avant les prix étaient abordables, « elle pouvait s’acheter à manger avec facilité mais en 2024, manger trois fois par jour est devenu un luxe. » L’autre déplore que « la viande est introuvable, je ne pouvais pas attendre dans la foule, sachant que le kilo est à 4000Fc alors qu’avant je l’achetais au maximum 2500 ou 3000Fc. Les taros se vendaient jadis à 1000 Fc maintenant, il faut avoir 1500Fc. A quand un changement », s’attriste-t-elle. « Nous survivons à peine, je gagne 60.000Fc le mois, vous imaginez ma souffrance ? Je ne peux pas m’offrir de la banane, ce serait très injuste pour ma famille. Avant le carton de poulet coutait 10.000 Fc et aujourd’hui, je l’achète à 11.500Fc », confie-t-elle.

Cette situation est encore difficile pour les marchands. Abdel Daniel accuse la douane. « Je ne peux pas faire autrement. Nous nous approvisionnons de Dar Es Salam et le dédouanement est un peu salé. Nous ne sommes pas en mesure de baisser les prix. Pour un seul conteneur, nous  payons 5 millions de nos francs ». Même son de cloche que son ami M. Karim, vendeur de taros au petit marché de Moroni. Malheureusement, cette situation ne risque pas de changer aussitôt, tant que la fédération des consommateurs et les autorités ne se penchent pas sur cette situation socio-économique. 

Mohamed Ali Nasra


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