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Collectivités territoriales : Les maires se réunissent en congrès pour l'avenir des territoires

Collectivités territoriales : Les maires se réunissent en congrès pour l'avenir des territoires © : HZK-LGDC

Après les consultations insulaires, l’heure est désormais aux grandes décisions : le Congrès national des maires prendra le relais lundi prochain, une étape pour l’avenir des collectivités locales. Ce grand rendez-vous permettra d’aborder les défis auxquels font face les communes, mais aussi les nombreuses opportunités liées à la décentralisation et au développement local. Dans le cadre de ce processus, le PNUD apporte un appui technique essentiel au ministère de l’Intérieur, en particulier à la direction générale de la décentralisation, pour renforcer l’organisation du congrès, structurer les échanges et soutenir l’élaboration des recommandations destinées à améliorer la gouvernance locale. Pour mieux comprendre les enjeux de cette rencontre nationale, nous avons interrogé Mohamed El-Had Abbas, conseiller technique auprès du ministre de l’intérieur chargé de la Décentralisation et membre de l’équipe d’organisation. Il a accepté de répondre à nos questions.


Question : Quel est l’objectif du Congrès national des Maires qui se tient lundi prochain ?

Mohamed El-Had Abbas : L’objectif du Congrès est de réunir l’ensemble des maires du pays afin de dresser un état des lieux précis de la gouvernance locale, d’harmoniser les pratiques administratives et de renforcer la coordination entre l’État et les communes. Il s’agit également de consolider la mise en œuvre de la décentralisation, d’identifier les besoins prioritaires des collectivités et de définir une trajectoire commune pour améliorer les services publics de proximité. Ce Congrès s’inscrit dans la continuité des travaux prévus les 15 et 16 décembre 2025 à Moroni, au cours desquels les participants vont valider le rapport général et les recommandations issues des ateliers thématiques. Cette validation collective permettra de dégager un consensus national sur les défis, les urgences et les réformes nécessaires pour renforcer l’efficacité des communes.

 

Question : Qui sont les initiateurs de l’événement ?

 

M.E.A : L’initiative est portée par le Gouvernement, sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur Azali Assoumani, Président de l’Union, et sous la coordination du Ministre de l’Intérieur, Monsieur Mohamed Ahmed Assoumani, en charge de la Décentralisation. Elle bénéficie de l’engagement des gouverneurs, des maires et de l’ensemble des institutions nationales impliquées dans la gouvernance locale.

 

Question : Parlez-nous de l’appui du PNUD ?

 

M.E.A : Le PNUD apporte un appui technique et logistique essentiel, aux côtés de l’Union Européenne et du projet AMECC. Leur soutien a permis de structurer les travaux préparatoires, de mobiliser des experts nationaux et internationaux, et de garantir une organisation conforme aux standards internationaux. Cet accompagnement renforce les capacités nationales et contribue à la professionnalisation durable de la gouvernance locale.

 

Question : Quelles sont vos attentes sur cette initiative ?

 

M.E.A. : Nous attendons de cette assemblée qu'elle consolide un dialogue constructif entre l’État et les communes, qu’elle clarifie les responsabilités institutionnelles et qu’il permette d’adopter des mécanismes de gouvernance locale plus transparents, plus efficaces et mieux coordonnés. Nous espérons également que cette rencontre débouche sur des engagements concrets, notamment en matière de financement local, de gestion administrative, de planification territoriale et de renforcement des capacités. Un moment important sera également l’élection de l’Association Nationale des Maires, qui permettra de doter les communes d’un organe représentatif, structuré et légitime, capable de porter leurs préoccupations au niveau national et international. À l’issue des travaux qui seront validés lors du Congrès National des Maires, une feuille de route réaliste devrait émerger autour de quatre grands axes structurants.

 

Question : quels sont les grands axes ?

 

M.E.A. : Le premier concerne la clarification institutionnelle et juridique, avec la finalisation des textes d’application de la décentralisation, l’harmonisation des pratiques administratives entre les communes et la création d’un mécanisme permanent de concertation entre l’État et les collectivités. Le deuxième axe porte sur le renforcement des capacités et la professionnalisation, à travers la formation continue des équipes municipales, la production de guides et procédures standardisées, ainsi que l’appui à la digitalisation des services communaux. Le troisième volet vise à améliorer le financement et la gestion des ressources, notamment par l’identification de sources de financement pérennes, la modernisation des outils budgétaires et comptables, et une meilleure transparence financière. Enfin, le quatrième axe met l’accent sur une gouvernance locale participative, en renforçant le dialogue avec les citoyens, en développant des projets locaux prioritaires de l’état civil à l’assainissement en passant par les infrastructures de base et en instaurant un dispositif de suivi-évaluation des engagements. Ces orientations doivent permettre de transformer les recommandations en actions concrètes, mesurables et durables.

 

Propos recueillis par Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)

 

 


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