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Commune de Moroni: Une démission et des élections

Commune de Moroni: Une démission et des élections © : HZK-LGDC

La saga de la commune de Moroni continue de plus belle. De rebondissements en surprises, on ne peut compter le nombre de papiers consacrés par la presse de la place à cette actualité. Une actualité qui s'apparente désormais pour certains à une chronique socio-politico-judiciaire. De Moroni, tout s'imbrique.


Mis sous pression depuis plusieurs semaines, l'édile de la capitale a fini par céder aux pressions tous azimuts exercés de toutes parts. Hassani Mohamed Halidi a fini par jeter l'éponge. C'est par lettre référencée 021/05/2022/CM/M adressée à la gouverneure de l'île que le message de démission a été acté. Le Maire démissionnaire a d'entrée donné les raisons qu'ils l'ont poussé à se démettre. « Pour des raisons personnelles, mais aussi pour mettre un terme aux pratiques de déstabilisations des maires successifs de Moroni dès leurs installations et afin de préserver nos communes de subir des actions tendant à les fragiliser, suite à des interprétations erronées et abusives des lois et règlements relatifs à la décentralisation », lit-on dans cette missive qui date du 25 mai dernier. Une allusion à peine voilée à la guerre de tranchée que se livre le ministère de l'intérieur et l'actuel bureau de la commune.


Et le Maire de demander à la gouverneure d'accepter sa démission de sa fonction de Maire de la commune de Moroni, à la date du 31 mai 2022, « seule solution pour barrer l'arbitraire ».
Si jusqu’à maintenant, le bureau de la gouverneure n'a pas réagi à cette demande, le ministère de tutelle a signé dans la foulée un  arrêté convoquant de nouvelles élections afin d'installer un nouveau Maire. Dans la note ministérielle l’on peut lire : « L'arrivée à échéance du terme qui y est fixé, les conseillers communaux de la ville de Moroni sont convoqués le 04 juin 2022 à 09h00 au foyer CASM de Mtsangani/Moroni ».

 

Cet arrêté fait référence à un autre arrêté (20-013/MIIDATI/CAB du 21 avril 2022) qui exigeait le départ du Maire de la capitale à la date du 20 mai dernier. Finalement, la commune de Moroni est devenue un enjeu politique aux multiples rebondissements sans réel démarcation des forces antagonistes, ni du pouvoir, ni de l’opposition. Sept ans après la mise en place controversée des communes par voie d'élections, le bilan de celle de la capitale n’est guère reluisant. Il peut se résumer en un mot "Querelles" byzantines.

 

Malgré 4 ministres de l'intérieur successifs ces dix dernières années, le dossier le plus important (statut particulier de la capitale) n'a point avancé, au contraire il se trouve actuellement au point mort pour ne pas dire enterré. Le développement peut attendre. L'essentiel, ce sont les élections du 4 juin, pourvu que les acteurs en présence parviennent à dégager un compromis, autour d’une majorité stable et d’un projet au service de la ville et non d’un clan.


AS Badraoui

 


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