Fraîchement élu, le maire d’Itsahidi affiche une volonté claire celui de doter sa commune des outils nécessaires pour une gestion locale efficace et équitable. Lors de sa première conférence de presse, il a présenté une feuille de route axée sur la sécurité, l’éducation et l’accès équitable aux services.
Un mois après son entrée en fonction, Ali Boinaheri, maire de la commune d’Itsahidi, a tenu samedi 7 juin 2025, sa toute première conférence de presse. Une intervention très attendue, durant laquelle le nouvel édile a exposé une vision volontariste, celle d’une commune plus autonome, mieux organisée et capable de répondre aux besoins de sa population sans dépendre excessivement du pouvoir central. « Pour assurer la paix et renforcer nos recettes fiscales, nous avons besoin de notre propre police municipale », a déclaré le maire, soulignant l’absence de toute force locale de sécurité. En lançant le processus de recrutement d’une police municipale, il amorce un virage vers une autonomie sécuritaire, un sujet longtemps négligé dans les petites communes rurales. Il ambitionne ainsi de doter Itsahidi d’outils concrets pour garantir l’ordre public et améliorer le recouvrement des taxes locales.
Autre priorité affichée, celui de l’éducation. Le maire parle sans détour d’urgence nationale, à laquelle même les collectivités locales doivent répondre. Une assise sur l’avenir du système éducatif est prévue le mardi 10 juin, réunissant les acteurs du système coranique et ceux du système moderne. « L’éducation est notre avenir. Si nous ne faisons rien aujourd’hui, nous compromettons demain », a-t-il averti. En organisant ce dialogue entre deux modèles souvent cloisonnés, Ali Boinaheri espère initier une réflexion commune et inclusive, qui pourrait servir de modèle à d’autres communes.
Sur le front des services publics, le maire a confirmé la prochaine mise en service du réseau d’adduction d’eau, une avancée importante pour les cinq localités de la commune. Il a également reconnu les tensions autour de la gestion de la ressource, notamment après la revendication de la localité de Ndzouani ya Mbadjini, où la source d’eau est localisée. La demande reste à l’étude. Concernant l’électricité, le maire a pointé les coupures fréquentes dans plusieurs zones, notamment Nyumadzaha Mvumbari, Mohoro et la région de Domba. Pour lui, la solution ne peut venir que d’une solidarité intercommunale : « La région pourrait être alimentée sans interruption si la distribution était mieux équilibrée. Nous devons exiger, ensemble, une meilleure répartition. »
Derrière ses annonces, le discours d’Ali Boinaheri trace les contours d’un style de gouvernance basé sur la concertation, l’équité territoriale et la responsabilisation. En appelant les différentes communautés à coopérer et en tendant la main à tous les acteurs éducatifs, il cherche à rassembler autour d’un projet de développement local porté par la base. Son défi sera de transformer cette vision en actions durables, dans un contexte où les communes manquent souvent de moyens et de relais. Mais une chose est claire, le maire d’Itsahidi entend marquer sa mandature par une rupture dans les méthodes, en misant sur la proximité et l’engagement citoyen.
Mohamed Ali Nasra
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