Excédés par des tarifs parmi les plus élevés de la région pour un service jugé médiocre, les consommateurs ripostent depuis un moment via les réseaux sociaux. L'ACTIC, aux côtés des médias, des influenceurs, de la société civile et des citoyens, lance une journée nationale sans recharge le 1er juillet prochain. L'objectif est d’exprimer le mécontentement face au coût des communications et à la rapidité avec laquelle les forfaits « semblent abusivement être consommés », alors que beaucoup d'usagers dénoncent des crédits qui s'épuisent « anormalement vite ».
Le diagnostic ne fait plus débat. L'ANRTIC a confirmé la mauvaise qualité des services, alors que Yas et Comores Télécom maintiennent des prix jugés étouffants. Malgré les alertes, régulateur et opérateurs ont choisi le silence. Avec les médias, influenceurs et société civile, l'ACTIC dit stop. La fronde s'organise et semble prendre une tournure nationale. Le 1er juillet sera donc une journée morte : zéro achat de crédit data, ni Yas ni Huri, pendant 24 heures. Un geste simple pour couper le flux financier et faire entendre la colère. Hamidou Mhoma, président de l'association des consommateurs des technologies de l'information et de la communication, place l'initiative dans une démarche organisée, donnant au boycott une voix capable de mobiliser et de faire pression sur les opérateurs. « Que les opérateurs et le régulateur ne s’y trompent pas : le 1er juillet n'est qu'un avertissement. C'est le niveau 1 de notre mobilisation. Si les tarifs ne baissent pas et que la qualité n’est pas au rendez-vous, nous activerons immédiatement un plan d'intensification progressive qui touchera durablement leur modèle économique. ”Cette journée de boycott n'est pas un feu de paille, c'est le début du blocus. Si rien ne bouge, nous intensifierons », prévient-il.
En effet, l'escalade est prête, bien préparée. Extension du boycott à tout le week-end. Désabonnement d'un mois des offres premium comme FTTH, Furaha Net et Dagonet. Offensive numérique avec notation à une étoile des applis sur Play Store et App Store, et e-bashing organisé sur les pages. Enfin, action juridique devant la Commission de la concurrence pour non-respect des licences. Pour rappel, l’ANRTIC, qui est censé être le régulateur du marché, intervenir et jouer le rôle d'arbitre, a pourtant choisi de fixer des tarifs planchers et a fait retirer les offres illimitées Huri Intense à 10 000 francs et Huri Champion à 15 000 francs. Dans un pays où le pouvoir d'achat reste faible, cette politique supprime les soupapes low-cost, rendant chaque recharge difficile. Sachant que ce n'est pas le prix facial qui compte, mais le prix ressenti. Les usagers ressentent les tarifs des deux opérateurs comme prohibitifs.
Oumouri Djahi, fonctionnaire, l'explique bien : « Avec un SMIC à 55 000 KMF, débourser 10 000 francs pour un seul forfait qui ne dure même pas 3 semaines représente près d'un cinquième du revenu mensuel d'un travailleur, ce qui transforme chaque recharge en choix douloureux entre communiquer et survivre. N'en parlons plus de ceux qui rechargent deux ou trois fois avec les forfaits de 1000 et 2000 francs. » Le consommateur entend rappeler une évidence : c'est lui le patron. Le 1er juillet, pas un franc ne partira vers la data tant que les opérateurs n'écouteront pas. Pour l'heure, aucun opérateur n'a répondu publiquement.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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