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des Comores

Commémoration du 11 novembre : « Vivre en paix, c’est accepter les différences »

Commémoration du 11 novembre : « Vivre en paix, c’est accepter les différences » © : HZK-LGDC

102 ans depuis la signature de l’Armistice de 1918, une cérémonie d’hommage à l'endroit des soldats morts pour la France a été organisée mercredi dernier à quelques encablures du nord de Moroni. Contexte oblige, l'ambassadrice Jacqueline Bassa-Mazzoni plaide pour la nécessité de respecter et de comprendre la diversité des religions et des cultures.


Comme plusieurs pays, la France a célébré la fin de la première guerre mondiale de 1914-1918, le 11 novembre, date de la signature de l'armistice. A cette occasion, une cérémonie de commémoration à l'endroit des morts a été organisée à la résidence de France en présence du directeur de cabinet du chef de l’État, chargé de la défense, Youssoufa Mohamed Ali. Dans son allocution, l'ambassadrice de France Mme Bassa-Mazzoni a dès le début de son discours repris Spinoza, pour qui la paix est une vertu et un état d'esprit, de confiance, de justice et de bienveillance.

 

« Vivre ensemble en paix, c'est accepter les différences, être à l'écoute, faire preuve d'estime, de respect et de reconnaissance envers autrui et vivre dans un esprit de paix et d'harmonie », réitère la diplomate, avant de poursuivre qu’il importe de respecter et de comprendre la diversité des religions et des cultures dans le monde, et de toujours préférer le dialogue et la négociation à l'affrontement. Un appel qui n’est pas fortuit. La France est en effet secouée ces dernières années par une autre guerre, celle menée par les adeptes de l’islamisme radical, sans foi ni loi.

 

« A travers ces attentats, c’est bien la France et ses valeurs qui sont attaquées, ce sont les libertés individuelles et la laïcité qui sont mises en cause alors que ces principes constituent l’histoire et l’essence de la République française », devait rappeler avec non sans amertume la diplomate au cours de cette cérémonie en mémoires à d’autres victimes, celles de la 1ère guerre mondiale.  « La mémoire des tirailleurs n’est pas une mémoire qui divise, elle est une mémoire qui nous honore tous et qui nous rapproche ».

 

Pour rappel, entre 1914 et1918, 250.000 soldats africains ont combattu sur le sol français et 27.000 d’entre eux y ont fait le sacrifice de leur vie. Parmi ces Africains, il y avait des Comoriens. Un hommage est rendu à juste titre à l'endroit d'un ancien combattant comorien, mort dimanche dernier à Bandamadji Domba dans le Mbadjini. Il s'appelle Moilimou Mchangama, né vers 1935 à Bandamadji. Un grand hommage est rendu également au jeune Chahalane Abdourazakou, sergent-chef au 6ème régiment de génie à Angers, mort en service début octobre dernier.

 

En novembre 2018, environ 70 chefs d'État et de gouvernement étaient réunis dimanche à Paris pour célébrer le centenaire de l’Armistice de cette guerre. Après avoir dirigé la cérémonie à l'Arc de Triomphe, Emmanuel Macron a inauguré dans l'après-midi le premier Forum sur la Paix depuis la Grande Halle de la Villette (Paris XIXe). Une initiative en faveur du multilatéralisme et « contre les passions tristes » pour reprendre ses propres termes. 

 

Le Forum sur la Paix est voué à « se reproduire chaque année », avait affirmé Macron. Il a dit espérer que cet événement soit le « symbole éclatant d'une paix durable entre les nations », et non pas « la photographie d'un dernier moment d'unité, avant que le monde ne sombre dans un nouveau désordre ». L’édition 2020 porte sur des sujets liés à la santé, l’environnement, l’inclusion, le commerce, le numérique et l’éducation.

Andjouza Abouheir

 


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