Un débit bridé que pour ouvrir une page web il faut réessayer plusieurs fois. Une data qui s’évapore que le forfait qui jadis durait 30 jours ne dure dorénavant que 15 jours, au mieux, pour plusieurs abonnés.
L’abonné, éternel dindon de la farce de l’opérateur historique des télécommunications. Le débit internet de Comores Telecom est bridé depuis maintenant plusieurs semaines. Pour accéder à une page web à partir des réseaux sociaux et des navigateurs web tel que Google Chrome ou encore Safari pour iOS, il faut essayer à plusieurs reprises sans être sûr d’y parvenir. Une lenteur qui se fait ressentir également dans l’envoi ou réception des fichiers multimédia tel des images ou des fichiers audio. Là aussi, il faut prendre son mal en patience car ça peut prendre jusqu’à 5 minutes.
Et comme un malheur ne vient jamais seul surtout quand il s’agit de ces opérateurs dont les chiffres d’affaires ne se portèrent jamais bien que quand ils siphonnent le portefeuille des abonnés, ceux de Comores Telecom constatent une diminution drastique de la durée des forfaits proposés. S’il faut rappeler que les forfaits illimités sont depuis plusieurs mois suspendus, il n’en demeure pas moins que les abonnés assistent impuissants à une évaporation effarante des datas. Le forfait Huri Champion de 15.000Fc qui durait trois semaines en moyenne après la suspension de l’illimité qui permettait d’avoir une connexion internet jusqu’à 30 jours, ne dure dorénavant qu’entre 10 et 15 jours. C’est du moins ce que relèvent plusieurs abonnés qui n’en reviennent pas de ce qui s’apparente à de l’arnaque.
Il faut dire que le même constat est fait par l’Actic, l’association des consommateurs des Tics : « Pour tenir un mois, maintenant je dépense le double soit 30.000 francs, ce qui est intenable. Ma dernière recharge Huri Champion c'était le 22 mars 2022, épuisée depuis le 07 avril », regrette Hamidou Mhoma, président de ladite association. Cet entrepreneur qui a pignon sur rue n’y va avec le dos de la cuillère quant à celui à qui revient la faute entre l’opérateur et le régulateur. Il met tous les deux dans le même sac :
« C'est un jeu de poker menteur. L'Anrtic enfreint la loi sur la concurrence en encadrant les prix de la voix et de la data. Une décision illégale à l’origine de la contraction de la demande qu’elle (l’Anrtic, Ndlr) est censée stimuler selon les missions qui lui sont dévolues. Et les opérateurs sans exception aucune se réfugient derrière cette décision pour se faire plus d’argent sur nos dos. Quand on examine le marché de la data, je pense qu’il est possible de doubler la capacité pour le même prix. Avec 5000 francs, on doit obtenir au moins 20 go au lieu de 10 actuellement ».
Le président de l’Actic rappelle avoir entamé une démarche judiciaire contre l’Anrtic pour attaquer la décision d’encadrement tarifaire. Nous avons mené des discussions avec les opérateurs eux-mêmes. « Nous avons eu des entretiens avec la BM au cours desquels l’Actic propose la participation de Comores Câbles dans les négociations sur les tarifs de la data. Toutes ces démarches n’ont pas encore donné des résultats probants mais nous sommes confiants de voir une révision à la baisse du tarif de la data très prochainement. Aujourd’hui, notre pays n’a pas encore atteint 40% d’utilisation de ses capacités dans nos câbles. Pourquoi continuer à comprimer l’utilisation tout en supportant les mêmes charges ? La solution passe par faire du volume en baissant les prix », espère M. Mhoma, dans une logique que partagent de nombreux acteurs du secteur.
Andjouza Abouheir
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