C’est dans la grande salle de l’Ifere que l’avocate publiciste et conseillère municipale de la ville de Marseille, Maliza Youssouf Said Soilihi explique le rôle et les missions des maires et des mairies. Consciente des vicissitudes, des violations manifestes des textes, des écueils et des dysfonctionnements, la conférencière a choisi la manière pédagogique pour parler de lois, de textes, de gestion et bien encore de municipalité en mêlant entre autre son expérience personnelle sous le thème de « La décentralisation : bilan, écueils et perspectives ».
Déterminée à jamais, Maliza Youssouf Said Soilihi a tenu sa conférence débat dans une salle quasi vide. « La décentralisation : bilan, écueils et perspectives » est le thème abordé par cette juriste et conseillère municipale de la ville de Marseille pour expliquer et discuter sur l’importance et le rôle des municipalités et des communes. « Ce fût un véritable plaisir et un honneur de débattre à l’Université des Comores », écrit-elle sur son mur Facebook. Accompagnée d’Ali Abdallah Ahamed, avocat au barreau de Moroni, en tant que modérateur, Maliza s’est dite inspirée. La présence de certains maires sortants, des candidats aux prochaines élections municipales, des étudiants n’a fait que renforcer la pertinence de la discussion, de donner une autre valeur et de l’élever au-delà de simples questions politiciennes.
Consciente des vicissitudes, des violations manifestes des textes, des écueils et des dysfonctionnements, la conférencière a choisi la manière pédagogique pour parler de lois, de textes, de gestion et bien encore de municipalité en mêlant entre autre son expérience personnelle. Maliza évoque plusieurs problèmes notamment le manque de budget alloué aux municipalités et qui faciliterait leurs travaux. « Ces maires dont leur mandat prend fin prochainement et dont nombreux non pas voulu se représenter pour un autre mandat ont souffert. Ils ont servi de cobayes. Ils se sont sacrifiés pour que les communes aient le minimum de compétences. La présence et les témoignages des maires sortants ici présents le confirment et peuvent aussi inspirer pour les prochains maires », dit-elle pour rassurer que la responsabilité de maires aux Comores est la moins considérée car à défaut de textes déterminant leurs compétences.
La décentralisation ne date pas d’aujourd’hui aux Comores. L’avocate cite comme origine fondamentale de la décentralisation, « la loi fondamentale de 1977 » d’Ali Soilihi avec les « Moudrias ». « Je crois qu’on peut parler d’une ébauche à cette époque-là des mairies et des maires. Ils étaient constitués entre trois et quatre villages soit 5000 et 6000 habitants », explique-t-elle à titre d’exemple. Sans s’étaler sur les origines des communes aux Comores, elle admet qu’à travers le temps, cette politique de décentralisation a connu des évolutions notamment avec le gouvernorat de Mzé Soulé Abdou Elbak et la mise en place des mairie pilotes qui sera réconfortée par Mohamed Abdoulwahab et Mouigni Baraka Said Soilihi.
En parfait connaisseur, Maliza fait le tour d’abord pour attirer l’attention de l’assistance mais encore pour expliquer des notions comme la décentralisation, le transfert de compétences à un exécutif local qui est le maire, et la déconcentration qui est la représentation par un préfet. Selon elle, les premiers sont les représentants les plus proches des populations et qui, selon la loi doivent avoir plusieurs missions à réaliser pour les concitoyens notamment pour le développement communautaires. Rien n’est possible car aucune ressource ne leur a été attribuée. « Il y a un nombre important de compétences qui ont été transférées aux maires mais nous sommes conscients aussi que les moyens ne leur ont pas été donnés pour réaliser les missions », souligne-t-elle en précisant que « l’administration communale n’a pas été mise en place telle qu’on l’aurait souhaité ».
Pour arriver à mettre en avant les mairies, une partie du budget de l’Etat doit être allouée aux communes ce qui permettrait à répondre aux besoins et défis locaux. Et pour reprendre les mots du premier ministre malgache : « La décentralisation n’est pas une option, c’est une obligation… La décentralisation est une vision, un objectif, une méthode de travail, une organisation ». Pour arriver d’abord à lutter contre les conflits politiques qui gangrènent le pays et former des vrais responsables étatiques, les dirigeants doivent à prendre à gravir les échelons donc à commencer par être maires et chefs des collectivités locales et communales.
A.O Yazid
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