Alors que le litige foncier opposant Mhoumadi Mgomri à la mairie de Moroni au sujet de la place située derrière le Palais du peuple est en cours d’examen au palais de justice, le maire Omar Mohamed aurait attribué le site aux chauffeurs de la ligne Moroni-Mbadjini. Lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 20 octobre, Mhoumadi Mgomri a dénoncé cette décision et appelé la mairie ainsi que le gouvernement à suspendre toute activité sur les lieux en attendant la décision de la justice.
Documents à l'appui, Mhoumadi Mgomri affirme être en mesure de prouver que cette place lui appartient. Ce membre influent et sage du parti Orange estime que le maire de Moroni ne respecte ni la loi ni la justice. Selon lui, il est irresponsable de prendre possession d'un terrain alors qu'un litige le concernant est toujours en cours devant les tribunaux. « À l'époque du président Djohar, le gouvernement avait voulu construire une route dans le quartier de Coulée. J'y possédais une place, située tout près du rond-point. Le gouvernement m'en a proposé une autre, qui se trouve aujourd'hui derrière le Palais du peuple. Le ministre des Finances de l'époque a établi tous les documents nécessaires. Ces documents, établis au nom de mon fils aîné, m'ont été remis. J'ai accepté cet échange », explique Mhoumadi Mgomri.
Il a poursuit en évoquant les difficultés rencontrées par la suite. « J'ai voulu construire un bâtiment pour y mener des activités. Mais l'ancien préfet de l'époque, le regretté Seifilmoulouk, m'a interpellé et m'a interdit de construire ou d'exercer la moindre activité sur cette place. Il a annulé les documents qui m'avaient été délivrés. Je ne suis pas resté les bras croisés. J'ai saisi la justice, car je dispose de tous les documents prouvant que cette place m'appartient. La justice a rendu une décision en ma faveur. Par la suite, un autre préfet, Salim, a été nommé. Je lui ai présenté mes documents et il a annulé la note de son prédécesseur, me donnant ainsi l'autorisation de construire et d'y exercer mes activités », souligne cette figure du parti Orange.
Cependant, Mhoumadi Mgomri affirme avoir été surpris d'apprendre que la mairie de Moroni avait pris possession de son terrain. « À ma grande surprise, on m'a informé que la mairie de Moroni s'était accaparé de ma place. Je suis allé demander pour quelle raison la mairie avait repris mon terrain. On m'a répondu qu'une plainte avait été déposée devant la justice. Comme je disposais de mes documents, je me suis rendu au palais de justice. Mais on m'a appris que ma place avait été transformée en gare pour les chauffeurs de la ligne Moroni-Mbadjini. Il est irresponsable que le maire actuel ait pris possession de mon terrain alors que notre affaire est toujours devant la justice. Dans sa déclaration, on lui a fait savoir que cette place appartenait à Mhoumadi Mgomri. Il aurait répondu, “Ici, la justice, c'est moi” », affirme-t-il avec insistance.
Face à cette situation, Mhoumadi Mgomri lance un appel à la justice et aux autorités compétentes afin qu'elles interviennent auprès du maire de Moroni, Omar Mohamed, pour faire suspendre toutes les activités sur cette place jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue. Il insiste sur la nécessité de laisser la justice trancher ce litige avant toute autre décision concernant le terrain. Il affirme également que, si le verdict ne lui est pas favorable, il fera appel, car il reste convaincu que cette place lui appartient. En attendant, Mhoumadi Mgomri réclame donc la suspension de toute activité sur le terrain litigieux et appelle les autorités à veiller au respect de la procédure judiciaire.
Nassuf Ben Amad
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