Pour sa deuxième conférence autour de l'islam, le Cndrs s'est penché sur le soufisme, cette tendance mystique de l'islam. Pour en parler, Mohamed Ousseine Djamalilayl et Mohamed Moumini, respectivement ancien procureur de la République et enseignant chercheur à l’Université des Comores.
Le soufisme aux Comores. Le thème a réuni une foule dense au Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs). Cette branche mystique de l'islam souffre de beaucoup de préjugés que Mohamed Moumini balaiera d'un revers de main. Lors de son intervention, on apprendra que le soufisme n'est pas propre à l'islam mais apparaît bien dans toutes les religions. « Le mot soufisme est apparu au IVeme siècle. A l’époque du prophète, on utilisait un autre mot qui signifiait « se diriger exclusivement vers le seigneur », c'est-à-dire abandonner la vie et la complaisance d’ici-bas ».
Le sens et la fonction du soufisme sont clairs: purifier l'âme de l'Homme. Pour Mohamed Moumini, le soufisme, c'est lorsque le musulman s’engage à la purification de toutes les maladies du cœur, mais aussi invoquer Dieu à tout moment. « Le soufisme nous donne une bonne éducation puisque elle nous enseigne à être correcte tout en luttant contre la corruption ». Dans ce sens, le soufisme apparait comme le mode d'emploi pour atteindre une dimension spirituelle de l'âme; une discipline qui permet à l'âme humaine de travailler sur son égo.
Comme un « enseignement vivant, transmis de maître à disciple, dont l’origine remonte au prophète Muhammad et à ses compagnons », dira Mohamed Ousseine Djamalilayl. Pour cet ancien procureur de la République, le soufisme est une voie d’éducation personnelle et de connaissance intérieure, accessible à toute personne en recherche spirituelle, « quelque soit sa culture et son milieu social ». Outre les rites tels que la prière et le jeûne, le soufi s'adonne au dhikr, terme signifiant à la fois le souvenir et l'invocation de Dieu.
Pour le disciple soufi, c’est au travers une expérience intime et une vie active dans la société que se révèle une dimension de l’être, porteuse du sens profond de la création. Certains maîtres soufis ont été de grandes figures spirituelles au rayonnement universel. Parmi les plus connus, nous pouvons citer l’imam al-Ghazâlî, Abd al-Qâdir Jilani, Djalâl ud-Dîn Rûmî. De nombreux lecteurs ont également été sensibilisés au soufisme par René Guénon, Amadou Hampâté Bâ ou l’émir Abdel al-Kader.
Le Cndrs réunit tous les mercredis des conférenciers pour traiter de thèmes autour de l'islam. Le programme intervient tous les ans, au mois de ramadan, période à laquelle les croyants sont encouragés à multiplier les prières et accroître leur savoir.
Ibnou M. Abdou
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