À l’issue de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan, qui se tient à Nice, le ministre de l’environnement, Abubacar Ben Mahmoud, a partagé les grandes lignes de la participation comorienne. Cette rencontre mondiale a permis de rappeler les priorités de l’archipel en matière de préservation des écosystèmes marins, de lutte contre la pollution plastique et d’adaptation aux effets du changement climatique. Elle a aussi offert une plateforme stratégique pour renforcer la coopération internationale et faire entendre la voix des Petits États insulaires en développement.
À Nice, le ministre de l’environnement Abubacar Ben Mahmoud a insisté sur le besoin de renforcer la coopération internationale autour des enjeux océaniques. « Cette conférence souligne l’urgence d’agir pour la préservation des océans. Elle rappelle que notre avenir est étroitement lié à celui de la mer », a-t-il souligné. Pour les Comores, cette plateforme mondiale représente une opportunité précieuse pour faire entendre les préoccupations des Petits États insulaires en développement (PEID), tout en consolidant des partenariats techniques essentiels à la mise en œuvre de solutions durables.
Face à la dégradation accélérée des récifs coralliens et à la pêche illégale dans la région, le gouvernement comorien a engagé plusieurs actions prioritaires. « Nous avons renforcé la surveillance maritime, en coordination avec nos voisins et partenaires internationaux. Par ailleurs, nous étendons notre réseau d’aires marines protégées (AMP) pour préserver nos zones les plus vulnérables », a précisé le ministre. Il a également mis en avant l’importance de la recherche scientifique : « Nous collaborons étroitement avec des ONG et des instituts de recherche pour assurer un suivi rigoureux de la santé de nos écosystèmes marins. »
Autre préoccupation majeure, c’est la pollution plastique. Les autorités comoriennes ont lancé une stratégie nationale de gestion des déchets, avec une approche intégrée. « Nous mettons l’accent sur le tri, la réduction des plastiques à usage unique et la valorisation des déchets. Mais nous voulons aller plus loin, notamment en sensibilisant les jeunes dans les écoles et en développant une économie circulaire dans les zones côtières », a-t-il confié à La Gazette des Comores.
L’archipel a récemment obtenu des financements du Fonds vert pour le climat (GCF) et du Fonds pour l’environnement mondial (GEF), destinés à soutenir des projets de protection côtière. « Grâce à ces appuis, nous pouvons mettre en œuvre notre plan national d’adaptation (PNA), restaurer nos mangroves, construire des digues et réhabiliter nos littoraux. Mais les besoins restent considérables », a-t-il rappelé. Le gouvernement entend aussi accélérer la création d’aires marines protégées. « Nous visons une couverture d’au moins 30 % de nos zones marines d’ici à 2030. Mais cette ambition ne pourra se concrétiser que si elle s’appuie sur les communautés locales, leurs savoirs traditionnels et leur participation active à la gestion des ressources », a-t-il indiqué.
Le pays s’est positionné comme un acteur engagé au sein des coalitions de PEID, pour faire avancer une justice climatique et océanique. « Nous demandons un accès simplifié aux financements, un guichet spécifique pour les îles, ainsi qu’un véritable transfert de technologies adaptées à nos réalités », a plaidé, avant d’jouter « Ce que nous défendons ici, ce n’est pas seulement l’intérêt des Comores, c’est l’intérêt commun. Protéger l’océan, c’est protéger la vie.»
Andjouza Abouheir, depuis Nice
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