Trois mois après son arrivée à la tête de la commune de Moroni, l’ancien député du nord de la capitale devenu maire depuis, a convoqué un conseil municipal durant le dernier weekend du mois de septembre.
Enfin, diront les opposants de Abdoulfatah Saïd qui le soupçonnait d'être dans l'incapacité de convoquer un conseil municipal dans les délais réglementaires prévus. Par voie de courrier, l'édile de la capitale a convoqué une session du conseil pour débattre entre autres sur un projet de délibération du budget prévisionnel-délibératif 2022, l’adoption d’un plan d’action intérimaire juillet-décembre 2022, mais surtout de l’adoption du projet d’un règlement intérieur du conseil communal. « J’ai l’honneur de vous inviter à prendre part à la session ordinaire du conseil municipal qui aura lieu le samedi 24 et dimanche 25 septembre à partir de 14h30 », s’est adressé aux élus de la capitale le Maire Abdoulfatah Saïd, dans une lettre qui date du 14 septembre 2022.
Le maire de la capitale se veut ambitieux pour faire de Moroni la vitrine du pays. Dans son plan intérimaire de développement, il prévoit de mobiliser des gros moyens financiers pour parvenir à redorer le blason d’une commune jusque-là défaillante dont il est l'héritier. Des manquements qui s’apparentent à « des imperfections, d’insuffisances notoires, de nombreuses défaillances ou, tout simplement des manquements significatifs dans la gestion des activités de la commune ». Une lourde charge portée par le Maire à ses prédécesseurs dans le document de synthèse envoyé aux élus pour le prochain conseil municipal.
Sur les moyens qu’il a prévu de mettre en place, le maire n’a pas froid aux yeux. Calqué sur le modèle du Plan Comores Émergent, il prévoit avec l’aval du conseil mobiliser 2 333 700 000 FC via le plan de développement communal 2022-2025 de la Commune de Moroni. Huit axes d’interventions sont choisis pour être débattus lors de ce conseil municipal. De la lutte contre l’urbanisation sauvage, à l'assainissement en passant par la lutte contre la délinquance urbaine dans toutes ses formes.
Si la plupart des axes peuvent faire l'objet d'un consensus, le point numéro 1 risque de polariser l’attention des conseillers et constituer une pomme de discorde durant ces assises. En effet, dans ce point, améliorer la gouvernance de la commune, le Maire compte demander une évaluation de la gouvernance communale de 2015 à 2022. Cette évaluation se fera par un audit financier et un inventaire physique du patrimoine de la Commune sera réalisé.
La commune prévoit un budget en équilibre. Pour l'année 2022, le budget primitif est estimé à 742 401 027 FC pour des dépenses prévisionnelles de 703 806 164 FC, ce qui va permettre d’avoir un solde positif à la fin de l’exercice budgétaire. « Le niveau d'exécution des dépenses du premier semestre 2022 paraît en deçà des 575 230 527 FC ce qui permet d’envisager un solde budgétaire positif », comme on peut le lire dans les conclusions de la rubrique dédiée au budget prévisionnel primitif. Pour la réalisation de ce budget, la commune prévoit par exemple des recettes fiscales de 120 000 000 FC, ou mieux encore des revenus patrimoniaux de l’ordre de 37 397 949 FC voir des recettes non fiscales de 218 086 837 FC entre autres. Ce qui est sûr, pour ce premier conseil municipal du nouvel exécutif, les débats risquent d'être houleux.
AS Badraoui
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