Outre les denrées alimentaires comme les bananes et autres, cela fait quelques semaines qu’on ne trouve ni viande ni volailles, ni cuisses de poulet dans les supermarchés. Les ménages et les restaurants de la capitale, Moroni, s’indignent face à cette situation. Mohamed Keldi explique les raisons de cette pénurie et fait savoir que le bateau a déjà accosté et que d’ici peu la crise sera résolue.
Les Comores souffrent de pénurie d’aliments depuis plusieurs jours. Outre les denrées alimentaires comme les bananes, les songes et autres, cela fait des semaines qu’on ne trouve ni viande ni volailles, ni cuisses de poulet dans les supermarchés. Le poisson, si on le trouve dans nos marchés, il est vendu au prix exorbitant de 4000 fc le kilo. Les ménages et les restaurants de la capitale, Moroni, s’indignent face à cette situation. Les premiers regrettent qu’avec 5000 fc, il est impossible de remplir son panier de ménagère et les seconds montrent qu’il est impossible de trouver de quoi à vendre.
« Cela fait près d’une semaine que je ne vends que du riz et des haricots. Les quelques kilos d’ailes de poulet que je prépare, les clients disent qu’ils ont un arrière gout », s’indigne le propriétaire d’un restaurant à Hadoudja. Ce dernier regrette que les choses en arrivent à ce point dans une période où il est difficile ou presqu’impossible de trouver des denrées de première nécessité comme le manioc, de la banane, de la patate ou du tarot.
Expliquant les causes de la pénurie en volaille et cuisses de poulet, le patron des magasins Mag Market, Mohamed Keldi explique que « 90% des causes de cette pénurie sont extérieures ». « Les causes sont peut-être au niveau national mais à dimension internationale », précise Mohamed Keldi. Le patron des magasins Mag Market relate qu’en cette période une pénurie est peu évitable car entre juin et septembre la demande est beaucoup plus importante au niveau des gros marchés comme la France, l’Indonésie ou la Chine pour ne citer que ceux-là. « Les producteurs sont gagnants à vendre à des marchés beaucoup plus fournis financièrement qu’à des marchés sous-développés comme les nôtres », se justifie-t-il en montrant que des clients comme la Chine ou l’Indonésie font des fortes demandes avec des contrats relativement importants et sont toujours prêts à payer au prix fort malgré leurs exigences.
De ce fait, Mohamed Keldi fait savoir que ces fortes demandes ont fait monter les prix. Ce qui ne facilite pas la tâche aux importateurs comoriens, plus précisément qui « vendent à perte ». « Ici, nous sommes tous pratiquement par terre à force de vendre à perte donc à un moment on a eu du mal à s’aventurer car il n’y a aucune régulation au niveau des autorités. Il ne faut pas oublier que trop de concurrence tue la concurrence », réplique-t-il. Le patron des Mag Market remet en question le prix des produits qui selon lui sont bas et ne leur facilite pas et démontre que ceux-ci sont l’ennemie du commerce.
Mohamed Keldi pointe aussi le problème du port et de l’accostage des bateaux. Il démontre que les ports des Comores ne sont pas aux normes et que les bateaux ont du mal à accoster donc « un gros problème de débarquement » avec des surcoûts de surestaries qui se répercutent sur le les prix au détail. Notre interlocuteur dit que tous ces facteurs se sont développer et ont mis le pays à mal.
« Le bateau a accosté et progressivement les choses vont se remettre en place mais à quel prix car automatiquement que les prix vont grimper », affirme-t-il en démontrant que cette pénurie est une sorte d’alerte en mettant l’accent sur la régulation et la normalisation des choses. « Si les prix des produits continuent à augmenter, alors forcément l’économie sera impacté », lance-t-il. Pour lui, tout va reprendre dans peu de temps mais il précise que cela va laisser des séquelles économiques.
A.O Yazid
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