Depuis des années, l’ile de Moheli ne possède pas de port digne de ce nom contrairement à Anjouan et Ngazidja où des bateaux peuvent accoster sans difficulté. La pose de la première pierre de la réhabilitation du port de Bangoma est bien accueillie par la population. Une urgence nationale.
Le premier lot d’engins destiné à la reconstruction du port de Mohéli est bien arrivé le 11 mai dernier à Bangoma. Le deuxième lot est quant à lui arrivé le 5 septembre. Tous ces engins sont là pour la construction de ce port. Depuis des années, l’île de Moheli ne possède pas de port. Pour relier l’île par voir maritime, les comoriens prennent des vedettes, les seules embarcations capables d’accoster facilement dans l’île. Rare sont les compagnies maritimes qui desservent l’île de Djumbe Fatima. Cette année, la compagnie maritime Aden Marine fait la liaison Moroni-Moheli mais avec grandes difficultés.
« On dit souvent que nous sommes délaissés et c’est le cas. Moheli n’a pas de port depuis des années et personnes n’a rien entrepris. Aujourd’hui on touche le fond car le petit quai que nous avons, commence déjà à céder », explique un mohelien rencontré au port de Bangoma. Ce dernier qui a passé neuf ans à Ngazidja rappelle qu’avant c’était encore pire. « Je me rappelle, il y’avait des moments où on descendait des bateaux et rentrait par des vedettes pour pouvoir mettre le pied dans l’île. C’est pour vous dire que cette situation ne date pas d’aujourd’hui », poursuit-il. Loin de cette image du port de Bangoma, les rares bateaux qui ont accepté de faire cette liaison rencontrent parfois des difficultés quand la mer n’est pas calme. « Quand il y a de la houle, les petits bateaux n’arrivent plus à tenir sur ce petit quai. Des fois, il reparte », ajoute-t-il. Et de souligner aussi que certains bateaux ont même coulé sur place.
Interrogé sur la construction du port de Bangoma, les moheliens restent convaincus que la situation va évoluer dans l’île tant au niveau du développement de l’île que sur le cout de la vie. « À Mohéli, on rencontre des prix un peu élevés par rapport aux autres îles par ce manque de connexion maritime. Je pense que ça sera un des points positifs », souligne une mère, la quarantaine rencontrée à Fomboni.
L’installation de la société Arab Contractor Osman Ben Osman chargée de la construction du port de Bangoma se concrétise peu à peu. Après le premier lot arrivé il y a quelques mois à Mohéli, le bateau qui a transporté le deuxième lot est arrivé au début de ce mois de septembre. La pose de la première pierre a eu lieu vendredi dernier au port de Bangoma. Et un troisième lot, selon Moustakim Moukhalid responsable de communication de l’unité de projet, est attendu pour compléter l’installation de l’entreprise. « C’est un grand jour aujourd’hui pour les moheliens. Nous espérons que d’ici les trois ans annoncés, nous aurons notre port car on en a vraiment besoin », a estimé Soinaanti, une jeune dame de Bangoma.
« Je tiens à rassurer la population comorienne et celle de Mohéli en particulier sur le bon déroulement des travaux. Comme on le sait, les travaux de construction maritime sont des travaux très compliqués qu’on n’a pas l’habitude de faire dans notre pays et une première pour l’entreprise Arab Contractor aux Comores, donc cela va prendre le temps qu’il faut mais je rassure ici que ce projet est suivi à la lettre par le chef de l’État, le secrétaire général du gouvernement, le Ministre de transport et l’unité de gestion. Toutes les parties veillent à ce que les travaux se déroulent dans le meilleurs conditions » avait rassuré Moutsakim Combo, le chargé de communication du projet interconnectivité. II est à noter que le projet dans sa globalité comprend le port de Bangoma, les ports secondaires de liaison Uropveni (Ngazidja) et Vassy (Anjouan) et l’achat de nouveaux bateaux pour le transport des passagers.
MY
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