La 17ème session de la Conférence des Parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (COP17 de la CNULCD) s’est clôturée le 28 août 2026 à Oulan-Bator, en Mongolie. Dans un contexte mondial préoccupant où près de 40% des terres de la planète sont déjà dégradées, cet événement s’est affirmé comme un jalon historique pour le passage à la mise en œuvre de solutions concrètes. Il dessine une feuille de route pour les territoires les plus vulnérables, au premier rang desquels figurent l'Afrique et les petits États insulaires en développement (PEID).
Pour les PEID, la COP17 a apporté un éclairage scientifique inédit sur les conséquences dévastatrices de la dégradation des sols. Les rapports présentés révèlent que 18,8 millions d’hectares de terres sont dégradés au sein des PEID. Cette perte de capital naturel affecte directement leur sécurité alimentaire, leur sécurité hydrique, ainsi que les moyens de subsistance de leurs populations et leurs économies insulaires. Face à ces constats, les experts réunis en Mongolie ont démontré l’intérêt économique majeur d’investir dans la prévention, la gestion durable et la restauration des terres pour éviter le coût faramineux de l’inaction. Les financements et les capacités opérationnelles restent largement en deçà de l'urgence. Les pays d’Afrique, en première ligne face aux sécheresses, ont appelé à une gestion proactive et coordonnée de cette crise. Bien que le nombre d’États dotés de plans nationaux de lutte contre la sécheresse soit passé de seulement 3 en 2013 à plus de 70 aujourd’hui, les financements et les capacités opérationnelles restent largement en deçà de l'urgence.
Les pays africains ont ainsi exhorté la communauté internationale à mobiliser plus de ressources financières, à renforcer les compétences techniques locales et à développer la coopération technique. La conférence a rappelé que le financement des terres doit combler un gouffre abyssal : alors que 355 milliards de dollars par an sont requis jusqu'en 2030 pour respecter les engagements mondiaux de restauration, seuls 77 milliards de dollars sont actuellement investis (soit un déficit annuel de 278 milliards de dollars). Pour y remédier, plusieurs initiatives clés ont progressé à Oulan-Bator comme le Partenariat mondial de Riyad pour la résilience à la sécheresse a avancé sur un projet de fonds commun pour soutenir environ 70 pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, ciblant de fait de nombreux pays africains et la Facilité d’investissement pour la résilience à la sécheresse (DRIF), créée par la CNULCD et le Luxembourg, vise à mobiliser 400 millions de dollars de capitaux publics et privés pour soutenir des projets de sécurité hydrique et d'agriculture durable.
La COP17 a également marqué le lancement de l'Indice de résilience à la sécheresse, développé par l’Observatoire international de la résilience. Cet outil donnera aux nations africaines et insulaires les moyens d'évaluer leur propre capacité d'adaptation pour mieux cibler les politiques publiques et attirer des investissements. Enfin, l'accent a été mis sur la participation des populations locales. Les réunions officielles du Caucus des peuples autochtones et du Caucus des communautés locales ont rappelé l'importance d'octroyer des droits fonciers sécurisés et un accès direct au financement pour les acteurs de terrain, tout en valorisant le leadership indispensable des femmes et des jeunes
Mmagaza
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