La Gazette

des Comores

Coup d’envoi du cinquantenaire de l’indépendance : Ouellah remporte la course de pirogues

Coup d’envoi du cinquantenaire de l’indépendance :  Ouellah remporte la course de pirogues © : HZK-LGDC

La course de pirogues organisée à Salimani ya Hambu a marqué, ce mardi 20 mai, le lancement des festivités du cinquantenaire de l’indépendance des Comores. C’est Ouellah ya Hamahamet qui a décroché la première place, devant Hantsambu, Hahaya et Shindini.


L’événement a rassemblé dix villages côtiers dans une compétition fraternelle, mêlant tradition et modernité. Dans une ambiance rythmée par les chants, les pagaies et les embruns, la mer de Salimani ya Hambu est devenue, le temps d’un après-midi, le théâtre d’un spectacle à la fois symbolique et sportif. Dix localités de Ngazidja connues pour la pêche artisanale ont participé à une grande course de pirogues, acte inaugural des célébrations des 50 ans d’indépendance de l’Union des Comores. Mais derrière cette régate festive, c’est tout un message d’unité, de résilience et de transmission intergénérationnelle que les autorités ont voulu faire passer.

Organisée par le ministère des sports, celui de la pêche et le comité olympique et sportif des îles Comores (COSIC), la compétition a réuni des rameurs de Hahaya, Hantsambu, Itsandra Mdjini, Shindini, Salimani ya Hambu, Bangwa la Hambu, Ikoni, Wela ya Hamahame, Pvanambwani et Male ya Mbadjini. L’enjeu n’était pas qu’une simple médaille ou une place sur le podium. Pour le ministre de la pêche, Daniel Ali Bandar, cette course est avant tout une leçon vivante adressée à la jeunesse : « Nous avons organisé cette course pour montrer aux jeunes générations qui vivent actuellement avec des bateaux et vedettes à moteurs, comment le pays a connu beaucoup de progrès dans plusieurs secteurs, notamment celui de la pêche », a-t-il déclaré.

Une manière de rappeler que les traditions ne sont pas figées dans le passé, mais peuvent aussi nourrir l’avenir. Au terme de la compétition, c’est Ouellah ya Hamahamet qui a décroché la première place, devant Hantsambu, Hahaya et Shindini. Une victoire qui a fait vibrer les rives et renforcé le sentiment d’appartenance d’une communauté fière de son histoire. Daniel Ali Bandar a salué l’esprit de fraternité qui a animé les participants. Pour lui, cette journée a une valeur bien plus grande que l’événement lui-même :« Il s’agit d’une journée mémorable qui entre dans les archives et annales de l’État », a-t-il déclaré, insistant sur le lien entre ce rendez-vous sportif et les prochains Jeux des îles de l’Océan Indien que les Comores accueilleront en 2027.

Présent à l’évènement, le gouverneur de Ngazidja et président du COSIC, Ibrahim Mze Mohamed, a exprimé sa volonté de revitaliser d’autres jeux traditionnels : « Nous essayerons avec l’aide du ministère des Sports, de relancer des jeux qui ne sont plus pratiqués aujourd’hui, pour les immortaliser, notamment la course de pneus, la course avec les sacs de riz ainsi que d’autres activités sportives », a-t-il affirmé. Cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large : celle de reconnecter la jeunesse à son patrimoine, par des moyens accessibles, ludiques et communautaires. Cette course de pirogues, au-delà de sa portée symbolique, rappelle que la culture comorienne est riche de gestes simples mais puissants.

 Mohamed Ali Nasra

 


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