Mohamed Abdou, commissaire du gouvernement près de la Cour de sureté de l’État, a officiellement reconnu que la mort du major Bapalé au camp militaire de Sangani à la première dizaine d’avril, relève du meurtre.
C’est désormais officiel. La Cour de sureté de l’État a reconnu lundi 10 mai, que la mort du major Bapalé au camp militaire de Sangani s’agit bel et bien d’un meurtre. Le militaire à la retraite était impliqué selon les versions officielles dans une affaire de tentatives de déstabilisation. Arrêté avec un autre comparse, il est décédé le 7 avril dans le camp militaire de Sangani et enterré « précipitamment » aux cimetières de Mirontsy « dans des circonstances et conditions particulièrement troubles » pour reprendre les termes du porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie, quelques jours après le drame.
Il aura fallu un mois pour que les autorités reconnaissent officiellement que Bapalé n’a pas été mort naturellement, contrairement au discours que portait le directeur de cabinet du chef de l’État, chargé de la défense, qui avait parlé d’une mort naturelle, citant, sur un ton bien à lui, des circonstances aggravantes comme une hypertension ou encore l’âge avancé de la victime pour étayer sa thèse qui n’a pas convaincu grand monde, tant les stigmates retrouvés sur le corps déterré par la famille du défunt le lendemain du premier enterrement, sont sans appel.
Le gouvernement s’était alors engagé de « tout mettre en œuvre pour que les premiers éléments d’investigations soient rendus publics aussitôt qu’ils seront disponibles », afin que « tout responsable d’acte répréhensible, que ce soit de l’armée ou de la population soit poursuivi afin que justice soit rendue ». Mais cela risque de prendre un peu de temps, la priorité, pour le moment, étant ailleurs. En effet, lors de sa rencontre avec la presse ce lundi, la Cour de sureté de l’État a annoncé l’arrestation de 12 personnes suspectées d’être impliquées non dans le meurtre mais dans le projet de déstabilisation, pour lequel était arrêté Bapalé.
Ce projet de déstabilisation aurait impliqué des Comoriens de la diaspora de France, lesquels « se réunissent à Strasbourg pour en discuter ». « Chacun cotise 2000€ par an dans l’objectif de créer un mouvement séparatiste », affirme le Commissaire du gouvernement qui précise que des militaires à la retraite et d’autres en fonction ont été mis à contribution. « Ils avaient prévu d’attaquer le camp militaire de Sangani, s’emparer des armes, ensuite attaquer Dar Nour, la présidence de l’Union au niveau de l’île », affirme le magistrat qui rappelle que c’est dans le cadre de ce projet que fut arrêté Bapalé, décédé au camp militaire de Sangani. Une mort que la Cour de sureté qualifie sans ambages de « meurtre », ce qui sous-entend des sévices physiques…
Sept autres personnes sont « activement recherchées ». Le lieutenant Chadhouli, qui était arrêté en même temps que Bapalé, s’est miraculeusement évadé de l’hôpital de Hombo où il était admis pour des soins intensifs, quelques jours après le décès de son compagnon.
Andjouza Abouheir
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