Sera-t-il exécuté un jour. C’est une question à laquelle nul ne peut répondre avec certitude. Maintenant il revient à la justice de fixer ou pas le jour de son exécution. L’essentiel est que le droit a été lu, et que le coupable a été condamné à la peine maximale dans le droit comorien. Si en effet, le verdict final ne faisait aucun doute sur sa sévérité, l’exécution de celui-ci reste sujette à caution. Jamais depuis Taufik en 1996, aucun condamné à mort n’a été exécuté aux Comores, le pays observe un moratoire en la matière.
« Nous ne serons entièrement satisfaits de ce verdict que s’il est exécuté dans sa totalité, c’est-à-dire que Mikiro soit exécuté ». C’est en tout cas le souhait de bon nombre de comoriens interrogés après la sortie du jugement dans l’affaire Mikiro. Un sentiment exacerbé par une nouvelle affaire survenue deux jours avant la tenue de ce procès, à savoir le meurtre de Djamlati Hassane Djae, commis par Ali Hassane alias Adresse dans la localité de Itsinkudi dans le Washili. C’est donc dans ce climat d’extrême tension que s’est ouvert dans la matinée du lundi 21 juillet les assises, concernant le meurtre ignoble de Hikima Ahamada par celui qu’elle avait placé toute sa confiance d’une jeune fille innocente et pleine de bonté.
C’est par la lecture de l’acte d’accusation que le procès s’est ouvert devant une salle bondée de monde dont de nombreux journalistes venus couvrir l’évènement. Après lecture en comorien des charges qui lui pèsent sur lui, Mikiro les a acceptées toutes, sauf la préméditation de l’acte. Il a parlé d’une opportunité insufflée par Satan dont il s’est empressé de saisir. Un argument que le tribunal a rejeté en le démontant par des faits, notamment la mécanique mise en place par Mikiro par la planification de son méfait dans la nuit du 31 janvier 2025 et le caractère prémédité de son acte qui ne souffre d’aucun doute. A l’issue de ce procès qui aura duré un peu moins de six heures, le tribunal a reconnu, Nassurdine Ahamada alias Mikiro coupable du meurtre d’Ahamada Hikima et l’a condamné donc à la peine capitale. Si l’on s’en tient à l’article 4 du livre premier du code pénal révisé en 2020, en ce qui concerne les actes criminels est les peines encourues, Mikiro doit être fusillé.
Sauf décision politique forte, cette peine comme celles déjà prononcées avant sur des actes criminels ayant entrainés la peine de mort, elle risque de se commuer par automatisme en perpétuité sans possibilité de libération, c’est-à-dire prison à vie. Depuis 2016, les Comores en effet n’ont plus appliqué la peine capitale. Cette situation place les Comores parmi les pays abolitionnistes en pratique. Si légalement la peine de mort existe aux Comores car prévue dans les textes, mais l’absence d’application de la mesure face aux nombreuses pressions des organisations internationales des droits de l’homme, font que le pays n’a plus appliqué la plus lourde des peines dans le système judiciaire comorien. Il revient maintenant au chef de l’Etat de signer l’ordre d’exécution pour que la sentence soit exécutoire. Sans cela, Nassurdine Ahamada alias Mikiro rejoindra les nombreux autres condamnés à mort qui attendent dans le couloir de la mort.
Imtiyaz
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