La Gazette

des Comores

Crash AB Aviation : Un premier corps repêché

Crash AB Aviation : Un premier corps repêché © : HZK-LGDC

Hier jeudi 3 mars qui marque le 6e jour depuis le crash à Mohéli d’un avion exploité par la compagnie AB Aviation, un corps a été retrouvé par des pêcheurs dans la zone supposée du crash et acheminé à Moroni par bateau de pêche pour identification.


L’on dit que le hasard fait bien les choses. Cette expression prend tout son sens dans cette triste affaire d’un avion abimé en mer depuis six jours avec 14 personnes à bord. Malgré les moyens déployés et la ténacité des équipes de recherches, tout le mérite revient en premier à ces pêcheurs qui ont découvert ce qui semble être le premier corps des victimes du crash. En effet, selon la commission chargée du dossier par le gouvernement, des pêcheurs de la région de Djoiezi ont repêché un corps au large des côtes de Djoiezi. « C’est probablement un adulte de sexe masculin », a relaté devant les médias Tachfine Ahmed, directeur de la Sécurité civile et membre de ladite commission.

 

Le corps sans tête et en état de décomposition « avancée » selon un témoin oculaire, a été acheminé vers Moroni. Si tout porte à croire qu’il s’agit d’une des 14 personnes qu’avait transportées l’avion abimé, il reste maintenant à pouvoir l’identifier. C’est le défi auquel devraient désormais s’atteler les médecins. Pour le chef des services des Urgence de l’hôpital El-maarouf, Dr Djabir Ibrahim, il y a trois façons pour procéder à cette identification : d’abord une enquête avant la mort. Celle-ci consiste à avoir des informations sur l’apparence du regretté avant sa mort : vêtements portés, cicatrice ou signe particulier…Puis, un examen du corps et enfin le test ADN. Les Comores ne disposant pas d’un fichier national des empreintes génétiques, l’ADN de chaque victime pourrait être comparé à ceux de leurs familles pour trouver d’éventuelles concordances.

 

Maintenant l’autre question qui se pose dans le milieu hospitalier est celle relative à la conservation des corps. Le plus grand hôpital du pays, El-maaourouf, ne disposerait que d’« un congélateur capable d’accueillir trois corps ». Puisque l’on parle de 14 personnes à bord de l’avion, 12 passagers de nationalité comorienne et 2 membres d’équipage de nationalité tanzanienne, l’alternative qui pourrait être envisagée demeure la réquisition de chambres froides des importateurs des produits carnés. En 2009, le gouvernement de l’époque avait opté pour cette option pour conserver les corps repêchés au large après le crash de Yemenia. Treize ans après, la question reste le cadet des soucis des gouvernements successifs.  

 

Rappelons que l’avion exploité par AB Aviation s’est abimé en mer alors qu’il voulait faire demi-tour après un atterrissage rendu impossible par le mauvais temps. Une cellule de crise est illico presto installée à Mohéli où l’avion dont des débris ont été retrouvés dès le lendemain, s’est abimé. Elle est composée notamment du gouverneur de l’île, du ministre 1er, du ministre de l’intérieur et du ministre des transports aérien et maritime. Cette cellule de crise est secondée sur le terrain par le poste de commandement des opérations, dirigé par la garde côte qui coordonne les opérations de recherches pour lesquelles trois méthodes spécifiques sont actuellement utilisées : une recherche de surface en mer, une recherche par la plongée sous-marine et une recherche par survol aérien. Il eut fallu six jours pour que le premier corps soit retrouvé non pas par les équipes de recherches mais par des pêcheurs.

Andjouza Abouheir

 

 


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