La Gazette

des Comores

Crash du vol 310 de Yemenia Airways / 10 ans après, une date presque oubliée

Crash du vol 310 de Yemenia Airways / 10 ans après, une date presque oubliée © : HZK-LGDC

Cela fait 10 ans, jour pour jour, depuis qu’a eu lieu le crash de l’Airbus 310-300 de la compagnie Yemenia Airways qui effectuait la dernière partie d’un vol entre Paris, Marseille, Sanaa et l'aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni, à huit miles (environ 15 km) de Mitsamiouli, Grande Comore. Il est perdu des radars dans la nuit du 29 au 30 juin 2009 au large des eaux comoriennes. A son bord, 353 passagers, tous disparus hormis une petite fille de 12 ans connue sous le nom de Bahia Bacar, la toute petite considérée comme une "miraculée". Dix ans après, cette date « douloureuse » est presque oubliée.


« Je me rappelle très bien, c’était la 1ere commémoration ou une foule est venue à Iconi pour prier à la mémoire des victimes. Depuis, cette date passe quasiment inaperçue sans un événement marquant la douloureuse tragédie », se désole Ali Hassane Mroivili, un proche des familles des victimes qui a perdu trois des siens dans ce crash. Dans une émission radio télévisée cet invité de la Rtmc révèle que les familles attendent toujours non seulement un dédommagement mais aussi la véracité sur ce qui s’est réellement passé la nuit du 29 juin 2009. « Nos avocats sont à la recherche de la vérité. Et nous sommes confiants », précise-t-il.

 

En 2019, aucune manifestation au niveau national n’a eu lieu. Même à Iconi, ville ou repose la majorité des morts. L’on apprend que M’béni, chef lieu de la région Hamahamet Mboikou a organisé un « hitma » (prière), dans l’après-midi du samedi. En France, aussi une grande cérémonie s’est déroulée dimanche. Sur les réseaux sociaux, le chef de l’Etat a lancé un message pour exprimer « nos pensées les plus affectées vont aux victimes et à leurs familles », lit-on, et former le vœu que « Allah le Tout-Puissant accueille les morts dans son paradis éternel et aide les vivants à surmonter cette terrible épreuve ». Selon le président de la république, les années passent mais la douleur reste.

 

« La Nation toute entière s'associe au chagrin des familles dans cette période de l'année toujours douloureuse pour elles. Avec cette épreuve, c'est toute une Nation qui a été endeuillée et qui continue de l'être. Nous sommes tous aujourd'hui porteurs de la mémoire de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants que le Tout-Puissant a rappelé à lui », poursuit-il avant de terminer par une pensée particulière aux associations des familles des victimes qui se sont battues et se battent encore pour que les revendications des familles soient entendues et leurs droits respectés. Azali promet que son gouvernement et lui-même de «veiller à ce que cette tragédie ne se reproduise plus, notamment en exigeant un respect scrupuleux des normes internationales s'agissant des appareils qui foulent le sol comorien ».

 

Rappel : Un grand nombre de passagers avaient d'abord emprunté un A310 qui assurait le vol Yemenia 749, parti le 29 juin 2009 à 8h55 de l'aéroport Charles de Gaulle, à Paris, pour se rendre, via Marseille, à Sanaa, au Yémen, où ils avaient embarqué à bord de l'A310 assurant le vol IY626, dont l'arrivée à Moroni était prévue à 2h30 locales (22h30 UTC). A 01h50 (heure locale), alors que l’avion amorce sa descente et prépare son atterrissage pour atterrir à l’aéroport de Moroni, il disparaît des écrans radars et s’écrase dans l’océan Indien.

 

Ibnou M. Abdou

 


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