Jusqu’à dimanche en début de soirée, aucun corps n’a été retrouvé. Des plongeurs devraient explorer le périmètre identifié pour essayer de retrouver aussi bien l’appareil que les passagers.
L’espoir est mince. Très mince. Les équipes de recherches déployées au large de Mohéli dans la zone Djoiezi depuis l’après-midi du samedi ne sont pas parvenues à retrouver les passagers du CESSNA 209B exploité par la compagnie AB Aviation depuis une semaine à la date de l’accident. L’avion dont des débris ont été retrouvés avait à son bord 12 passagers de nationalité comorienne et 2 membres d’équipage de nationalité tanzanienne. D’après le ministre des transports qui s’est rendu à Mohéli hier dimanche, une équipe de plongeurs devrait explorer les zones où pourrait bien se trouver l’appareil. Une lenteur qui amenuise de plus en plus l’espoir des proches des passagers et des membres d’équipage. Soit dit en passant, les familles du pilote et du copilote, tous deux de nationalité tanzanienne, ont été attendues à Moroni dans l’après-midi d’hier.
Dans un communiqué publié quelques heures après l’accident par AB Aviation, on apprend que l’avion a décollé de l’aéroport de Hahaya à 11h50 et a disparu des radars à environ 2.5 km de l’aéroport de Mohéli en mer. Il eut fallu attendre le soir du même jour pour que le délégué à la défense lève un pan du voile sur les circonstances de l’accident. Selon lui, citant l’ASECNA, l’avion avait fait demi-tour après avoir essayé d’atterrir sans succès, à cause du mauvais temps. C’est dans ce laps de temps que l’accident a eu lieu. A 12h30, le système de surveillance d’AB Aviation a perdu le signal de l’aéronef. Quant à la tour de contrôle, ce n’est qu’à 12h40 qu’ils se sont rendus compte que l’appareil avait disparu de leurs écrans. C’est AB Aviation qui aurait remonté l’information aux agents de cette structure censée surveiller l’avion surtout à un moment crucial comme lorsqu’il n’était qu’à trois minutes de l’atterrissage (l’avion devait toucher le sol à 12h33).
Selon le délégué à la défense, la prudence était de mise car l’ASECNA lui a informé que l’avion avait une capacité de fuel pouvant le maintenir en vol jusqu’à14H45. Heure au-delà de laquelle l’avion peut être déclaré « en danger ». « A15H30, on nous a dit que l’avion était à la plage de Mbatsé. Les recherches qui y sont menées par nos éléments de la gendarmerie n’ont rien donné. Nous avons continué à Domoni, ça n’a rien donné. Nous avons compris que c’était sans doute des faux renseignements », devait-il relater devant une myriade de journalistes et proches des passagers. Après ces recherches infructueuses, les autorités ont commencé à éplucher des images satellitaires pour localiser l’avion. En même temps, « j’ai pris contact avec l’ambassadeur de France pour nous mettre à contribution la marine française nous ne disposons pas des moyens nécessaires [pour trouver un avion logé à deux kilomètres des côtes] ».
La France a accédé à la requête comorienne puisqu’elle a envoyé un avion depuis Mayotte, une île comorienne sous administration de Paris, pour appuyer les opérations de recherches. Deux intercepteurs des garde-côtes comoriens ont été déployés très tardivement en début de soirée. Selon le délégué à la défense, il eut fallu d’abord identifier la zone avant de lancer les recherches. Vers 18H45, les équipes de recherches ont retrouvé des débris de l’avion et des bagages. Quant aux 14 personnes qui étaient dans l’avion, leur sort devrait être connu aujourd’hui. Le Chef de l’Etat Azali Assoumani a rencontré leurs proches hier à la cellule de crise installée à l’hôtel Le Retaj pour les réconforter.
Andjouza Abouheir
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