Depuis le 9 mars, le CHN El-maarouf est paralysé par une grève qui ne fait que s’enliser. Les organisations de la société civile ont annoncé l'échec de leur médiation après de multiples rencontres les semaines passées. Mais la pression ne faiblit pas, puisque d'ici le 27 avril, la contestation prendra la forme d’un sit-in devant l’hôpital.
L’espoir d’une sortie de crise s’est évaporé. Après plus d'un mois de conflit social, le dialogue est désormais rompu entre la direction de l'hôpital et les agents grévistes. Malgré les efforts déployés depuis le 25 mars par la société civile, sous l'égide de la Commission préparatoire du CNJC, le constat est amer car les positions sont irréconciliables. Au cœur du litige : l'alignement des salaires des contractuels et une exigence de transparence dans la gestion financière de l'établissement. Mais le point de rupture semble aujourd'hui purement administratif. Si les grévistes ont accepté un projet de protocole d'accord proposé par les médiateurs, ils exigent en préalable la levée des sanctions disciplinaires prises à leur encontre durant le mouvement. Une condition sine qua non rejetée par la direction le 16 avril dernier.
Pour les médiateurs, cette posture de la direction est incompréhensible. Dans un communiqué publié il y a 3 jours, les organisations de la société civile dénoncent une « fermeture du dialogue » et s'alarment de la volonté de l'administration de se séparer d'agents expérimentés ayant plus de cinq ans de service. Interrogé, un représentant de la société civile ne cache pas son inquiétude face à l'obstination des autorités : « Nous avons tout fait pour privilégier la voie de la concertation, allant jusqu'à reporter nos manifestations. Malheureusement, nous faisons face à un mur. En refusant de lever les suspensions pour entamer la discussion, la direction prend en otage la santé des Comoriens. On ne peut pas diriger un hôpital de référence en se séparant de ses forces vives au mépris de l'intérêt des patients. Comprenons que ce blocage n'est pas qu'administratif, il met directement en péril la vie de nos concitoyens qui n'ont plus accès à des soins décents ! »
L’indifférence de l’État interroge aussi. Les médiateurs affirment avoir sollicité à plusieurs reprises le secrétariat général du gouvernement, le cabinet de la Présidence et le Chef de l’État, sans obtenir la moindre réponse à ce jour. Face à ce qu’elles qualifient de « désorganisation qui menace directement la vie des patients », les organisations signataires (CTTC, Femmes Leaders pour la paix, Rotaract Club de Moroni, Ngo’shawo, Lamha, AfriYan Comoros entre autres) passent à l’offensive. Elles dévoilent des actions citoyennes de mobilisation, notamment un sit-in devant le CHN, suivi d'un grand rassemblement à la Place de l’Indépendance. Plus inquiétant encore pour la stabilité sociale, la société civile appelle à une opération « île morte » dès le début du mois de mai au lendemain du traditionnel défilé du 1er mai, fête du travail.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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