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Crise sociale : Des négociations marquées par deux approches irréconciliables

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Crise sociale : Des négociations marquées par deux approches irréconciliables © : HZK-LGDC

Entre le Gouvernement et les syndicats Usukani wa Masiwa et Synaco, plusieurs négociations ont eu lieu afin de mettre un terme à la crise sociale provoquée par la hausse du prix des carburants et des frais de transport. Pendant près d’une semaine, le Secrétariat Général du Gouvernement a été le théâtre de multiples rencontres et discussions entre les protagonistes.


Si aujourd’hui les tensions semblent s’être apaisées, plusieurs sources proches du dossier reconnaissent néanmoins que les négociations ont été particulièrement complexes, marquées par de profondes divergences d’approche entre les représentants de l’Exécutif et les responsables syndicaux. Selon une source présente lors des échanges, le Gouvernement s’est retrouvé face à des syndicats campés sur leurs positions et peu disposés à entrer dans une analyse technique de la situation économique. « Lors d’une réunion avec les deux syndicats engagés dans cette contestation sociale, lorsque le Secrétaire Général du Gouvernement et ses équipes ont voulu expliquer les raisons de la hausse de 35% en présentant les chiffres, les syndicalistes ont clairement affirmé ne pas vouloir comprendre », confie cette source, regrettant également l’absence de prise de notes durant certaines séances de travail.

Le climat s’est parfois fortement tendu. Des altercations verbales auraient même éclaté entre certains représentants syndicaux au sein même du Secrétariat Général du Gouvernement, sous le regard de plusieurs journalistes présents sur place. Malgré ces tensions et un dialogue souvent difficile, les discussions ont finalement permis une désescalade progressive de la situation. Conscient des difficultés auxquelles la population fait face avec l’augmentation du coût de la vie, le Gouvernement a multiplié les concertations afin d’éviter un blocage durable du pays et préserver la stabilité sociale.

Du côté des syndicats, la pression des cellules régionales ainsi que la colère populaire ont largement influencé la posture adoptée au cours des négociations. Plusieurs observateurs estiment d’ailleurs que les débats ont davantage été dominés par l’émotion et la méfiance que par une approche strictement technique des réalités économiques et énergétiques. Selon toujours nos sources, l’Exécutif a tenté de défendre une approche fondée sur les contraintes internationales, notamment la hausse des coûts du fret maritime, des assurances ainsi que l’augmentation des prix mondiaux des hydrocarbures liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Malgré ces explications, les syndicats ont maintenu leurs revendications, exigeant des mesures immédiates pour soulager les ménages et les transporteurs, tout en appelant à la suppression pure et simple des augmentations annoncées. Cette différence d’approche a rendu les échanges particulièrement longs et électriques. Finalement, afin d’éviter une aggravation de la crise sociale, l’Exécutif a décidé de suspendre temporairement les différentes mesures controversées.

Pour rappel, le 8 mai 2026, le Gouvernement avait annoncé, à travers plusieurs arrêtés ministériels, une hausse des prix du carburant et des tarifs du transport en commun. En parallèle, des mesures d’accompagnement avaient également été dévoilées, notamment un abattement de 40% sur certains produits de première nécessité ainsi qu’une réduction du train de vie des autorités et des hauts cadres de l’administration publique, dans le but d’aider la population à faire face aux conséquences de la crise internationale liée au conflit au Moyen-Orient.

Si certaines de ces mesures avaient été saluées par une partie de l’opinion, la hausse du carburant et des frais de transport a en revanche provoqué une vive contestation populaire. Les manifestations ont causé deux décès et plusieurs blessés avant que le Gouvernement ne décide finalement de revenir sur ses mesures impopulaires dans la nuit du 16 mai 2026, soit une semaine après leur entrée en vigueur.

 Kamal Gamal

 

 


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