La Gazette

des Comores

Crise à la Sécurité civile : Le ministère de l’intérieur joue la carte de l’apaisement

Crise à la Sécurité civile : Le ministère de l’intérieur joue la carte de l’apaisement © : HZK-LGDC

Après deux journées d’agitation à la Sécurité civile et le départ de la quasi-totalité des pompiers, le ministère de l’intérieur dit avoir réussi à convaincre « la majeure partie » à reprendre le travail.


Le choix de la sagesse. Pour venir à bout de la crise qui mine la direction générale de la sécurité civile, où les pompiers sont vent debout contre leur directeur général pour les avoir insultés, le ministère de l’intérieur a adopté la manière douce. C’est ce qui est ressorti en tout cas de la conférence de presse tenue hier jeudi par le secrétaire général du ministère et le directeur de cabinet du ministre. La veille, 150 pompiers soit la quasi-totalité avaient claqué la porte, faute d’avoir obtenu la tête de leur patron. « Nous avons été affectés par la situation mais les choses sont rentrées dans l’ordre. À l’heure actuelle, la majeure partie des agents (les pompiers, Ndlr) ont repris le boulot. Les autres qui ne l’ont pas encore fait, sont priés par le ministre à le faire », devait annoncer le directeur de cabinet Fatah Boina.

 

Le ministère de l’intérieur reconnait qu’il y a eu une « erreur » mais qu’il ne faut pas sous-estimer les circonstances, soit le feu qui était en train de ravager une station-service à Moroni nord au moment où le directeur de la Sécurité civile perdait son sang-froid pour s’en prendre à ses agents, au téléphone, une scène filmée et largement diffusée sur la toile.  « Le directeur de la sécurité civile est un humain comme nous. Il a perdu son sang-froid mais il a quand même tenu à s’excuser publiquement », tente de calmer le directeur de cabinet, avant d’ajouter que M. Tackfine  « a mis les bouchées doubles pour soutenir ses agents ». Il cite par exemple la grille indiciaire comprenant la pénibilité, le sacrifice…Il cite aussi un projet de mutuelle de  santé et  les indemnités de risque.   

 

Pour rappel, mercredi 3 novembre les pompiers de Moroni ont décidé de quitter leur caserne avec leurs cliques et leurs claques, et pour cause. La veille, ils s’étaient réunis dans la cour, pancartes en main, pour réclamer la tête de leur directeur général Tackfine Ahmed, dont ils ne dirigèrent plus les insultes qu’il a assenées à leur endroit quelques jours plus tôt. « Un pompier n’est pas un imbécile » pouvait-on lire sur les pancartes. « Soit le gouvernement nous débarrasse de celui qui se permet de nous insulter régulièrement avec nos familles, soit c’est nous qui partirons », avaient menacé les pompiers, ce mardi. Le ministre de l’intérieur et le délégué à la défense s’étaient rendus sur place. Selon les pompiers interrogés par des médias présents, les deux hommes s’étaient montrés intransigeants. « Ils nous ont demandé de choisir entre travailler avec Tackfine ou partir ».

 

Le ton employé dans la conférence de presse de l’Intérieur hier jeudi, prouve que les autorités ont d’ores et déjà décidé d’apaises les tensions au lieu de continuer à souffler sur la braise. Nous ne sommes pas parvenus à contacter le porte-parole du mouvement des pompiers ou confirmer ou infirmer les dires du ministère, s’agissant de la reprise du travail.

 

Andjouza Abouheir

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.