Comme l’a annoncé le ministre de l’Énergie, Aboubacar Said Anli, lors d’une conférence de presse le jeudi 6 février dernier, les six groupes électrogènes sont bien arrivés. Le cargo Magma, qui a transporté ces équipements, a atterri tôt le matin du mardi 11 février à l’aéroport Prince Saïd Ibrahim de Hahaya-Moroni avec à son bord six moteurs Caterpilar et des pièces de rechange pour la révision d’un moteur, pour un achat estimé à 4 milliards de francs comoriens. Moroni et ses environs seront bientôt éclairés.
C’est une véritable bouffée d’oxygène pour les citoyens, qui souffrent depuis plusieurs mois d’une crise énergétique ayant également mis à genou les entreprises. « Nous allons entamer les travaux d’installation dès aujourd’hui. Cela va nous prendre 10 jours. Ensuite, il y aura des tests, comme d’habitude. Ce qui est sûr, c’est que la situation sera bientôt rétablie. Concernant la répartition des groupes, je ne sais pas exactement comment cela va se faire. On m’a dit que trois seront installés à la centrale de Voidjou, deux à la centrale d’Itsambouni et un à Anjouan, en attendant les quatre groupes offerts par la société MASDAR, qui arriveront bientôt. En tout cas, nous allons installer trois moteurs à la centrale de Voidjou. Ainsi, nous disposerons de six moteurs en fonctionnement à Voidjou : les deux qui étaient déjà là, plus les trois nouveaux, et un qui sera révisé grâce aux pièces arrivées », nous a confié un technicien de ladite centrale.
Cependant, ce dernier critique la gestion du gouvernement et de la société d’électricité. Selon lui, l’achat de nouveaux groupes électrogènes ne constitue pas une solution durable tant qu’aucun plan d’entretien n’est mis en place. « C’est la énième fois que le gouvernement achète des groupes électrogènes, et pourtant, nous sommes toujours confrontés au même problème. Il n’y a jamais eu de révision générale des centrales thermiques sur les îles. Nous utilisons les moteurs jusqu’à ce qu’ils tombent en panne faute d’entretien. J’espère que cette fois-ci sera la dernière et que le gouvernement a pris conscience du problème, car ce sont des milliards qui sont dilapidés », a-t-il déclaré.
De son côté, la Sonelec rassure la population : ces groupes électrogènes seront mis en service avant le mois de Ramadan, ce qui devrait contribuer à résoudre les problèmes d’électricité. Cette annonce porte l’espoir d’une amélioration rapide de la situation pour les citoyens. L’effort conjoint entre la Sonelec et le gouvernement démontre une volonté de répondre aux besoins urgents de la population en matière d’énergie.
Pour rappel, dans notre édition n°4810 du lundi 10 février 2025, nous avions déjà souligné que l’achat de nouveaux groupes électrogènes n’était pas une première. Depuis plusieurs années, les autorités se contentent d’acquérir des équipements coûteux sans parvenir à résoudre durablement la crise énergétique. Durant les quatre années de gestion de Djounaid (2021-2024), la société, avec des accords de crédit du gouvernement, avait déjà acheté 11 moteurs, sans compter les acquisitions réalisées par ses prédécesseurs. Pourtant, la Sonelec peine toujours à assurer un approvisionnement stable en électricité. Le principal problème réside dans l’entretien des équipements. À chaque acquisition de groupes électrogènes, des milliards de francs sont alloués à l’achat de pièces de rechange pour les révisions. Cependant, ces pièces n’arrivent jamais, aggravant ainsi la crise énergétique actuelle.
Nassuf Ben Amad
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