Cinq jours après le passage meurtrier du cyclone CHIDO, qui a complètement décimé l’ile de Mayotte, la peur augmente de jour en jour quant aux risques sanitaires couplés à une probable famine. L’île manque de tout, ce qui risque d’exacerber une tension sociale qui était déjà à son paroxysme avant ce cataclysme. Pire, l’inaccessibilité des zones très frappées par le cyclone peut engendrer d’autres problèmes sanitaires plus graves que le passage du cyclone.
Le manque de mobilité des agents sanitaires et autres risques d’engendrer d’autres problèmes plus graves et alarmants que le passage du cyclone Chido, qui a été d’une sévérité inédite dans l’archipel des Comores, en particulier sur l’île comorienne de Mayotte. Et se déplacer la nuit est presque un danger public. C’est pourquoi un couvre-feu vient d’être instauré à partir de 23h. « Il faut privilégier les aller et retour dans la journée, aurait dit le ministre de l’intérieur français, Bruno Retailleau lors de son passage à Mayotte lundi dernier.
Sur le plateau de Mayotte la 1ere, le président du conseil départemental, Ben Issa Ousseni est revenu sur les difficultés qu’il rencontre pour faire son travail. « Nous n’avons plus de réseau, nous ne pouvons plus nous connecter à notre serveur ». Un problème qui affecte plus de 90% de la population. L’élu mahorais est revenu aussi sur les risques sanitaires et de famine qui risquent de frapper l’ile. « Avec cette crise que nous connaissons, on risque prochainement une crise sanitaire, voire une famine. » Et de rajouter pour démontrer la dangerosité de la situation. « Il n’y a plus rien qui tient à Mayotte. Les bananiers, les arbres tous ont été arrachés », déplore-t-il.
Ces inquiétudes ne sont pas seulement celles d’un élu face à ses responsabilités, mais même les spécialistes de la santé redoutent une possibilité de crises sanitaires graves. Les risques sont lies au fait que la plupart des zones sinistrées où se trouvent les victimes sont devenues difficiles voir quasiment impossibles à accéder pour l’instant. Toute la population habitant dans ces zones ayant besoin de soins immédiats risque de voir sa situation s’aggraver par ce manque de soin. Les patients atteints de comorbidités, comme les malades sous dialyse qui doivent avoir des soins séquencés peuvent voir leur état se détériorer faute de soins. Tous ces facteurs additionnés aux manques d’eau et de nourriture peuvent constituer des éléments accélérateurs d’un risque sanitaire d’une ampleur jamais connue dans l’île.
C’est donc une situation délicate que doivent gérer les autorités qui administrent l’île, en dépassant leur égo pour accepter toute proposition qui peut aider à apaiser la souffrance des mahorais. Un pont sanitaire doit être proposé par le gouvernement comorien pour que Mayotte puisse envoyer les malades déjà stabilisés pour terminer leurs soins à Moroni, tout en apportant un appui alimentaire conséquent pour éviter une famine, qui semble inéluctable à l’heure actuelle. « Nous n’avons pas de problème mais, ce qui nous préoccupe le plus c’est le manque d’eau », nous a confié sous le sceau de l’anonymat un habitant de l’île. Et de continuer « Nous avons aussi un autre problème, se présenter pour recevoir l’aide pourrait nous causer d’autres ennuis, celui d’être démasqué comme un sans papier. Ce risque peu de monde va le prendre ». Dans cette situation, le gouvernement français doit faire un moratoire sur le contrôle des papiers pour permettre à tout le monde de pouvoir bénéficier de l’aide sans craindre d’être refoulé.
Imtiyaz
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