C’est un spectacle de désolation que les habitants constatent avec horreur après le passage du cyclone CHIDO sur l’île comorienne de Mayotte sous administration française dans la journée du 14 décembre. Il fallut moins de quatre heures pour que tout ce qui était debout se retrouve à terre par la force d’un vent atteignant parfois les 230km/h. Si l’heure n’est pas encore au bilan, l’on sait d’ores et déjà qu’au moins 14 morts ont été enregistrés par le CHM de Mayotte. CHIDO est déjà classé comme étant plus puissant que Kamisy, qui avait dévasté l’île, il y’a tout juste quarante ans, en 1984, faisant 25 000 sans-abris, et des cultures vivrières lourdement ébranlés.
C’est en tout cas l’avis de Said Said Hachim géographe : « Kamisy a fait 25 000 sans-abris à Mayotte. Il a fait beaucoup de dégâts pas seulement sur les habitations mais sur les cultures, Kamisy a marqué la population de Mayotte parce qu'elle était totalement désemparée. (..) Sachez que Kamisy est passé ici avec des vents en rafales à 153 km/h enregistrés sur Petite-terre et celui qui arrive est beaucoup plus fort que Kamisy », avait-il prédit vendredi lors d’une émission sur Mayotte la 1ere. Une analyse confirmée par Météo France dans son bulletin de la veille. « Météo France a déjà annoncé des rafales de vent entre 130 et 180 km/h, voir 200km/h dans la partie nord de Mayotte, qui sera la plus touchée. Les vagues devraient atteindre 3 à 5 mètres, ce samedi matin dans le lagon et 6 à 9 mètres en dehors du lagon».
C’est à 22heures, le vendredi 13 décembre que l’alerte Rouge a été déclenchée même si les premières gouttes de pluies liées à ce système dépressionnaire n’ont fait leur apparition qu’aux environs de 3h du matin le samedi à en croire les informations de nos confrères de Mayotte la 1ere. Avant même le début de ces fortes pluies, les 71 lieux d’hébergement affectés ont été déjà pris d’assaut par la population la plus vulnérable sur l’ensemble du territoire. Ce n’est qu’au petit matin à 07heures que l’alerte Violette, le niveau d’alerte le plus élevé a été déclenchée. Une heure environ, le cyclone CHIDO s’abattait sur l’île, ravageant tout sur son passage.
Du nord au Sud, c’est un spectacle de désolation que laisse CHIDO à son passage. Des toits arrachés, des arbres déracinés, des voitures endommagées par les arbres sont laissées à l’abandon. Autour de 10h du matin, la chaine numéro un avait cessé d’émettre craignant pour la sécurité de son personnel. « En raison de la situation nous ne sommes plus en mesure de tenir l’antenne. Nous devons mettre nos équipes à l’abri » pouvait-on lire sur leur page Facebook. Une décision salutaire dans la mesure où la station comme bon nombre de bâtiments a été complètement inondé et des dégâts matériels au niveau du matériel sont a déplorer.
Malgré ce déchainement de la nature, les prévisions des spécialistes qui avaient prédit une accalmie aux alentours de 13h locale ont été globalement respectées. C’est en ce moment-là que les habitants qui étaient terrés chez eux ou dans les abris sont sortis pour constater les dégâts. Tout ce que Mayotte comptait de bidonville n’est qu’amas de débris. Dans les rues, celles ou l’eau avait commencé à se retirer, c’est une brocante à volonté. Des produits ménagers, aux ustensiles de cuisine, des voitures piégées par les forts courants. Pire, le seul aéroport de l’île est sérieusement endommagé notamment sa tour de contrôle dont les vitres ont été soufflées. « Les infrastructures sont très impactées. Un état des routes va débuter. L’aéroport (Marcel Henry) a subi des gros dégâts, notamment la tour de contrôle, signale Mayotte la 1ere, en remportant les propos du ministre des transports, François Durovray.
Selon France info, le centre opérationnel départemental annonce qu'au moins onze décès ont été enregistrés au CHM. « Malgré les dégâts matériels subis par le centre hospitalier de Mayotte, neuf patients sont en urgence absolue et 246 en urgence relative ont été recensés », lit-on dans ledit journal. Malgré la mobilisation de 1600 policiers et gendarmes, le ministre français de l’intérieur depuis avait annoncé dès vendredi, l’envoi supplémentaire d’autres forces pour prêter main forte. « Le ministre démissionnaire annonce l’envoi de 140 personnels supplémentaires demain (hier dimanche Ndlr). Le préfet de l’île, François-Xavier Bieuville avait dit samedi craindre le pire par rapport à la situation à Grande-Terre. C’est donc un long et pénible travail qui a débuté des la levée de l’alerte Violette pour les forces de sécurité.
« Nous allons devoir porter secours, maintenir l’ordre public, et faire en sorte que des bateaux accostent et des avions se posent pour apporter tout ce dont Mayotte va avoir besoin, de la nourriture, de l’eau, des médecins », à en croire toujours le préfet. Toutefois, la préfecture dans une note sortie peu après le passage de CHIDO, dit qu’elle n’est pas en mesure de faire aucun bilan à l’heure actuelle. « A ce stade, il n’est pas encore possible d’établir un bilan du nombre de blessés et de décès »
Imtiyaz
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