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Cyclone Chido à Mayotte : Un an après et des promesses non tenues

Cyclone Chido à Mayotte : Un an après et des promesses non tenues © : HZK-LGDC

Il y a quasiment 1 an, le cyclone Chido frappait l'île de Mayotte, laissant derrière lui un paysage de désolation et de destruction. Quatre maisons sur dix étaient en tôle sur le territoire lors de ce drame. Ce dernier a provoqué d’importants dégâts matériels qui ont aggravé les conditions de vie déjà très difficiles à l'époque sur l'île. L'État français s'est déployé pour les secours et l'urgence après l'ouragan, mais malgré les promesses de soutien quant à la reconstruction, la situation sur place demeure catastrophique. Le traumatisme reste présent et les habitants de Mayotte, en particulier ceux des bidonvilles comme Kawéni, Mavadzani ou encore Chiconi, continuent à vivre dans la précarité.


Des maisons en tôle rouillée, des rues non pavées et des infrastructures inexistantes sont le quotidien de plusieurs résidents qui se sentent délaissés par les autorités françaises. Les Mahorais demeurent encore marqués par la calamité passée, en particulier ceux des quartiers défavorisés, confrontés à des circonstances de vie extrêmement difficiles. Leurs habitations, souvent construites de manière précaire, sont vulnérables aux intempéries et aux catastrophes naturelles. Ils essayent tant bien que mal de vivre avec les moyens de bord. Pour autant, les chiffres sont éloquents : selon les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), Mayotte accuse un taux de pauvreté de 43,6%, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Les indicateurs de santé, d'éducation et de logement sont également très inquiétants. Sachant que plus de la moitié de la population mahoraise est composée de jeunes, de nombreux enfants souffrent de cette crise, notamment dans les bidonvilles où l'insécurité règne constamment : délinquance accrue, manque d'eau, de soins, et même de scolarité.

 

Aussi, les infrastructures désastreuses rendent les déplacements difficiles, voire dangereux. Les enfants jouent dans des rues jonchées de déchets et de boue, tandis que les adultes tentent de survivre dans des difficiles conditions de pauvreté. En effet, le contraste entre la situation à Mayotte et dans l'Hexagone est saisissant. Alors que la France métropolitaine bénéficie de conditions de vie confortables et de services publics de qualité, Mayotte est confrontée à des problèmes de développement, d'insécurité et de sous-investissement chroniques.

 

Sur les réseaux sociaux, des groupes Facebook comme « Mayotte, on est ensemble » et « Solidarité pour Mayotte » ont été créés pour sensibiliser l'opinion publique à la situation sur l'île. Les membres du groupe partagent des photos et des témoignages pour montrer la dure réalité de la vie quotidienne. Les internautes s'indignent : « Comment peut-on accepter que des citoyens français vivent dans de telles conditions ? », écrit @maorais971. Les habitants de l'île se sentent abandonnés et réclament de l'aide.

 

« Nous demandons à être traités avec dignité et respect, comme citoyens français à part entière. Mayotte, c'est un peu la France oubliée. Il est urgent que les autorités françaises prennent des mesures concrètes pour nous protéger. La saison des cyclones se rapproche à grands pas », dénonce une mère de famille, résidente de Kawéni, avec un sentiment d'anxiété. Par ailleurs, plusieurs médias, tels que RFI et Brut ont mené des enquêtes sur ce sujet. Ces professionnels ont recueilli des témoignages et des chiffres pour montrer l'ampleur de la crise.

 

Selon un confrère journaliste contacté sur place, plusieurs délégations de politiques se sont toutefois rendues sur l'île auparavant, afin d'évaluer les dégâts causés et d'identifier les besoins des habitants de Mayotte. Dont dernièrement une mission menée par des sénateurs issus de groupes de gauche, visant à examiner de près la gestion de la crise et les efforts de reconstruction en cours. Il semble optimiste quant à cette initiative malgré l'état critique : « Cette démarche sénatoriale est un signe encourageant pour la prise en charge des préoccupations des Mahorais, un plan de soutien des services publics est d'ailleurs mis en place », a-t-il avancé.

 

Serait-ce une sorte de déclaration solidaire comme mesures symboliques ou cela se traduirait par des actions concrètes et des résultats tangibles pour les communautés affectées ? En tout cas, les associations et les élus locaux en ont marre des promesses non tenues, ils ne cessent de réclamer de réels investissements pour améliorer les conditions de vie, développer les infrastructures et créer des emplois. Il est temps que la voix de Mayotte soit entendue et que les belles paroles soient suivies d'actes.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie (Stagiaire)

 

 


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