Le 13 février coïncide avec la journée mondiale de la radio. En cette 9e édition placée sous le signe de la diversité, l’événement est passé inaperçu à Moroni. Aucune activité n’a eu lieu ni dans les radios publiques ni dans radios privées, n'en parlons plus au ministère en charge de l'information.
Le 13 février est reconnue dans le monde entier comme la journée mondiale de la radio. « World Radio Day », a été entérinée par l'UNESCO le 3 novembre 2011 lors de la 36e conférence, à la suite de la proposition initialement faite par l'Espagne. Pour la journée du 13 février 2020, l'UNESCO a choisi comme thème « la diversité », autant dans les types de diffuseurs, que dans les rédactions et les programmes. Ces deux dernières années, cette journée est complètement oubliée en Union des Comores pendant qu'en Afrique, la diversité est mise à l'honneur par 24 radios de 24 pays différents qui programment en même temps des personnalités africaines dont le discours est lié à la thématique des migrations, sujet à la fois sensible et crucial pour l'ensemble du continent.
Aucune cérémonie officielle n’a eu lieu cette année mais l'Office de Radio et de Télévision des Comores a consacré une partie de son programme à la journée. « La Matinale », l'émission la plus aimée et écouté de la chaîne nationale avait invité, Touma Bacar, l'une des voix d'or de la radio. Et cette dernière regrette la manière dont se déroulent les animations surtout dans les radios privées. « J’ai comme l'impression que tout est banalisé. Chacun se sent journaliste puisqu'il est éloquent », regrette-t-elle. À l'occasion de cette journée, les journaux de l'ORTC se sont focalisés sur des reportages consacrés à l’histoire des radios privées et communautaires.
Quant à Maoulid Soilih, qui était l'invité du journal radio filmé de midi, il a fait part de son expérience de la radio. « Grâce à la radio, je suis devenu ce que je suis aujourd'hui. Actuellement je suis connu et c'est grâce aux émissions que j'ai animées à la radio », dit-il, avant de conseiller aux journalistes de faire attention une fois au micro à l'emploi de la langue. Ben Abdou, un des journalistes qui ont marqué la radio aux Comores a rendu hommage à ses anciens directeurs. Et il s’est attardé sur Ali Mlahaili. « Ce dernier ne pardonnait pas une faute de langue. Parfois, il nous apprenait les techniques voir même la mélodie qu'il faut utiliser dans le journal », se rappelle-t-il. La voix de Ben Abdou à la radio était souvent ressentie dans les pubs et la transmission des matches en direct. « Ici, il faut faire une description de manière à ce que celui qui entend la pub puisse être comme il voit. Puisque c'est la radio mais pas la télé », conclut-il.
Ibnou M. Abdou
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