Les gestes barrière et le port du masque ne sont pas respectés dans les marchés de la capitale. Une situation qui doit inquiéter plus d’un. Au moment où les cas de Covid-19 se multiplient (11 cas) dont un mort, trois guéris, tout le monde doit faire preuve de vigilance.
Dans les marchés de Moroni, le respect des mesures barrières nécessite une grande exigence. Vendeurs et acheteurs collés les uns aux autres et sans masques. Une situation qui expose tout un pays au danger de la propagation de la pandémie du Covid-19 à un moment où l’Etat et les collectivités font de leur mieux. Sur les lieux, nombreux sont ceux qui négligent la présence de cette maladie qui fait des milliers des morts dans le monde. « Il n’y a pas de Corona chez nous. Arrêtez de nous mentir », nous lance un vendeur rencontré au petit marché de Moroni. Juste après lui, un autre vendeur de cache nez reprend les mots dans un autre langage. Ce deuxième explique d’un ton ignare et moqueur que « la maladie était là mais elle est déjà partie. Je vends ces masques pour que les gens se protègent contre la poussière et la grippe ».
Dans les lieux de vente, l’ambiance est au rendez-vous en cette période fin de ramadan malgré la crise sanitaire et les mesures prises. Marchands ambulants et acheteurs se côtoient sans gène et sans protection. « Nous avons entendu qu’il y a le Corona ici aux Comores. On nous dit de porter les masques et de nous laver les mains quotidiennement, on le fait. Pour ce qui est de la distanciation sociale, on ne peut pas faire mieux et surtout qu’on doit toutes et tous se retrouver dans ce marché », précise Foutoumou Maoulida, une vendeuse rencontrée dans ces lieux. Priant le seigneur de les épargner de cette maladie elle se dit consciente des risques qu’ils entreprennent.
Accompagnée de son fils de cinq ans, Mari Hamidou montre à son tour que l’arrivée de la fête de la Ide-El Fitr est un grand rendez-vous pour les familles. « Nous avons cette habitude de faire les courses avec nos enfants, leur offrir des cadeaux afin de les voir heureux et joyeux. Avec cette crise de la Covid-19, l’heure est à la prudence. Nous étions obligés de porter des masques pour espérer nous protéger », dit-elle. Regardant autour d’elle, cette maman d’une trentaine d’années regrette que ni vendeurs ni acheteurs ne se protègent et ignorent les mesures barrières qui sont, selon elle, « notre seul moyen de lutte et de prévention ».
En cette période, des gendarmes accostés à l’entrée et la sortie des marchés pour veiller à la sécurité des passants. « Nous constatons que les personnes ici ne respectent ni mesures barrières ni la protection en portant les masques. On ne peut rien faire car nous n’avons d’ordre », se justifie un des gendarmes. A cette heure, l’Etat (Gouvernants et citoyens) se doivent de redoubler d’efforts comme cela a été fait jusqu’ici.
A.O Yazid
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