La Gazette

des Comores

Darmanin à Mayotte, vers une autre aberration

Darmanin à Mayotte, vers une autre aberration © : HZK-LGDC

A Mayotte, la France qui administre l’île comorienne en violation du droit international, depuis l’accession des Comores à l’indépendance en 1975, semble se comporter en père fouettard. Durcissement et répression c’est les maitres mots que l’Etat français privilégie de plus en plus pour mettre fin à ce qu’elle appelle « immigration clandestine » sur le 101e département du pays des droits de l’Homme.


« Il ne sera plus possible de devenir français si on n’est pas soi-même enfant de parents français, nous couperons l’attractivité qu’il y a dans l’archipel » aurait déclaré le ministre de l’intérieur français, Gerald Darmanin en visite à Mayotte hier dimanche. Si la mesure n’est pas encore actée, elle s’inscrit dans la politique de durcissement sur les conditions d’accès à Mayotte pour les étrangers. Et pour aboutir à cette logique des murailles, le gouvernement français à travers le président Macron va demander « une révision constitutionnelle » pour acter définitivement le caractère particulier de Mayotte au sein de la République Française.

Confronté à une vague d’immigration venue des pays grands-lacs et de la cotes Est du continent africain, l’ile de Mayotte suffoque par les nombreux barrages érigés sur l’ensemble du territoire pour empêcher l’acheminement des réfugiés vers des camps d’immigrés, dans un climat malsain de xénophobie. Pour tenter de mettre fin à ce flux d’immigrés, le superflic de France a annoncé le lancement prochainement de la deuxième phase de la tristement célèbre opération Wuambushu en instaurant « Un rideau de fer » qui va empêcher l’entrée des Kwassa à Mayotte.

Parmi les mesures annoncées par Darmanin, il y a le renforcement des unités de sécurité. « Ce sera plus de moyens des forces de l’ordres et de justice pour pouvoir lutter contre cette délinquance étrangère qui pourrit la vie de nos concitoyens », un discours à n’en pas douter qui a du plaire aux extrémistes mahorais qui ont toujours fait le parallèle entre délinquance et immigration. Cette visite suscite beaucoup de commentaires et des questions quant à son timing.

En effet, l’arrivée de Darmanin à Mayotte coïncide avec les félicitations de la France au président Azali suite à sa réélection toujours contestée par l’opposition. C’est par un appel téléphonique que le président Macron aurait félicité son homologue comorien. « L’objectif de l’entretien était pour le président Macron de présenter ses félicitations chaleureuses et ses souhaits de réussite, au président Azali, suite à sa réélection à la présidence de l’Union des Comores » indiquait hier une publication du palais de Beit-Salam en date du 10 février. Une histoire qui a du mal à passer pour les opposants d’Azali, qui trouve un lien entre ces félicitations et la venue de Darmanin dans l’ile et surtout des annonces qu’il est venu faire pour calmer une situation sécuritaire devenue ingérable. Et sa formule magique serait tout simplement d’ériger Mayotte en département d’exception ou le fameux « droit du sol » ne serait pas applicable. Quelle aberration pour une république fondée sur le principe de liberté, égalité et fraternité ! 

Imtiyaz

 

 


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