La Gazette

des Comores

Des kwassa entrés à Anjouan depuis Mayotte

Des kwassa entrés à Anjouan depuis Mayotte © : HZK-LGDC

Au moins 20 embarcations de fortune ont transporté des habitants de Mayotte vers l’île sœur d’Anjouan. Ils « fuient » majoritairement la pandémie de coronavirus qui a déjà infecté 21 personnes à Mayotte, île comorienne sous administration française. Le patron de la Défense a annoncé hier à Anjouan la destruction systématique de chaque embarcation qui aura enfreint les mesures de restriction en vigueur.


Selon une source bien renseignée, « la semaine dernière, au moins 20 kwasa sont entrés à Anjouan en provenance de Mayotte ». Une information confirmée par une source impliquée, au sein des garde-côtes. Ces bateaux de pêche appelés communément kwasa, transportent des habitants de Mayotte vers Anjouan pour, espèrent-ils, fuir la pandémie de coronavirus qui sévit d’une manière inquiétante sur l’île de Mayotte. En effet, la préfecture de l’île a annoncé hier dans la journée sur sa page Facebook la confirmation de 10 autres cas, « portant désormais à 21 le nombre de cas avérés ».

 

A partir d’Anjouan où il tenait une conférence de presse hier lundi, le directeur de cabinet du chef de l’État et chargé de la Défense nationale, Youssoufa Mohamed Ali alias Belou a haussé le ton sans pour autant avoir à confirmer les arrivées massives que nous avons soulignées ci-haut. « Arrêtez les kwasa. Le cas échéant, vous n’allez pas vous faire refouler car vous serez chez vous, mais nous allons vous placer inévitablement en quarantaine », devait avertir le patron de la Défense, avant de poursuivre que pour ce qui est des transporteurs, non seulement ils seront « jetés en prison » avec une lourde amende, mais « nous allons surtout détruire le bateau ».

 

Belou en appelle à toute la population à « devenir policier » ou « agent de renseignements » pour signaler les kwasa et les passagers éventuels afin d’éviter l’introduction du coronavirus dans la partie indépendante du pays, pour le moment épargnée mais non à l’abri comme les autres pays voisins. Les contrôles au niveau des côtes sont drastiquement renforcés. La gendarmerie, l’armée, la police sont toutes mises à contribution en plus des garde-côtes. Le premier collaborateur du chef de l’État appelle les fidèles à ne pas regrouper en nombre dans les mosquées, et les imams à faire la sensibilisation sur notamment les gestes barrières. Pour les citoyens, ne pas sortir qu’en cas d’une nécessité impérieuse.

 

Andjouza Abouheir

 

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.