La Gazette

des Comores

Des dossiers fictifs et de fausses attestations de baccalauréat

Des dossiers fictifs et de fausses attestations de baccalauréat © : HZK-LGDC

Abdou Ali Abdallah, directeur de l’Office national des examens et concours, tire la sonnette d'alarme sur le cas des faux diplômes. Devant la presse, il a exhorté la justice à accompagner les sanctions de l’Onec, et à tout un chacun de faire preuve de responsabilité.


Le directeur de l’Office National des Examens et Concours (ONEC), Abdou Ali Abdallah alarme sur le cas des faux diplômes, devenus légion. « Nous devons travailler, tous, en parfaite collaboration pour lutter contre cette maladie », a-t-il déclaré devant la presse. Aux côtés du directeur de l’Enseignement supérieur, il a dit ses inquiétudes devant ce qu'il qualifie de maladie: « Je peux vous confirmer que les diplômes falsifiés sont innombrables. (...) Que ce soit dans les bureaux administratifs ou dans les écoles, les faux diplômes sont partout et à toutes les échelles », a-t-il regretté.

 

L'Onec prendrait des sanctions mais elles seraient classées "sans suite". Le directeur de l’Onec, preuve à la main, explique qu’aujourd’hui d’autres formes sont appliquées. « Avant, ces falsificateurs faisaient les faux documents et y apposaient un tampon ou une signature puis nous les faisaient signer. Ils nous trompaient ainsi. Aujourd'hui, ils ne passent même plus par nous et imitent nos cachets...".

 

Abdou Ali a également évoqué une « administration fictive ». Un fléau qui paralyse le pays. « Un intellectuel Sud-africain a dit récemment que pour détruire un pays, nous n’avons plus besoin d’envoyer des bombes mais juste former des faux médecins, des faux ingénieurs, des faux professeurs, etc. Et au bout de 10 ans, le pays n’existera plus ». Pour illustrer la gravité de la situation, il confiera que récemment dans les dossiers des étudiants inscrits dans les universités du Maroc, figurait un enfant de 2 ans. Pour finir, le conférencier s’indigne que la justice n’accompagne pas les sanctions de l’Onec.

 

Faisant mention de ces pratiques indignes, Abdou Ali explique que des ressortissants comoriens circulent avec ces faux diplômes partout dans le monde. Une situation qui doit être réglée au plus vite. « Nous avons reçu 2 diplômes de deux jeunes comoriens qui sont à Madagascar et sur ces deux, l'un était faux alors imaginez quand c'est 10, 20 ou 30 dossiers ». Il ajoute: « Au niveau des examens, nous sanctionnons tous ceux qui trichent et nous le faisons selon notre niveau. L’année dernière, on sanctionnait durant un an celui qui avait triché mais cette année, ça passe à deux ans », a-t-il dit. Pour finir, le directeur de l’Onec dit que les faux diplômes qui envahissent les administrations privent la place à ceux qui ont les compétences et les vrais diplômes.

 

A.O Yazid

 


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