Les comoriens de l’extérieur, communément appelés « diaspora » ou les « je viens », constituent un maillon fort du développement économique du pays dans la mesure où leurs investissements ou leurs transferts de fonds au niveau du pays représentent 21% du produit intérieur brut (PIB) selon la Banque centrale des Comores. Une diaspora qui attend plus d’implication du gouvernement dans les secteurs stratégiques ou sociaux.
Depuis le 06 août dernier, l’Union des chambres de commerce (Uccia), la Banque centrale des Comores (BCC), la Chambre de commerce franco-comorienne organisent des évènements dans le cadre de la semaine « Diaspora days ». Nous avons rencontré certains membres de la diaspora qui ont partagé leur point de vue sur l’entrepreneuriat. « Lors de mes vacances en 2018 aux Comores, je me suis dit qu’il y a beaucoup de choses à faire. J’ai commencé à exercer dans plusieurs institutions dont l’Uccia, BCC et autres. Car la plupart des erreurs que les membres de la diaspora font, c’est de ne pas s’imprégner de la situation du pays. Pour s’investir, il faut venir passer du temps, connaître les autochtones, la culture et le domaine dans lequel on envisage entreprendre », a conseillé Habib Sagaf, un jeune de la diaspora installé définitivement au bled. Et de poursuivre : « le pays a besoin de nous. Nous, jeunes issus de la diaspora qui sommes aussi les premiers à avoir choisi de rester et investir, nous sommes l’exemple parfait des autres. Mais le gouvernement a son rôle à jouer dans cette stratégie. »
Mais est-elle suffisamment soutenue ? Certains espèrent un retour définitif au pays pour servir et investir. Cependant le climat des affaires n’est pas encore prospère. « J’ai voulu investir dans le pays, mais j’ai dû faire face à beaucoup d’inconvénients. Je me suis donné pendant une année, j’ai fini par fermer boutique. Les problèmes d’électricité, des ressources humaines ne m’ont pas aidé », confie un autre « je viens » rencontré sur place. Il ajoute « Les comoriens apprennent, ils sont experts dans plusieurs domaines. Mais malheureusement certains préfèrent louer les services de consultants étrangers plutôt que de profiter de l’expertise nationale. Nous espérons qu’il y aura un changement et très vite ».
C’est dans ce sens que la direction du commissariat à la Diaspora s’organise autour de trois pôles important à savoir : « l’assistance et l’accompagnement des comoriens de l’extérieur (pôle 1), la mobilisation et développement (pôle 2) et l’observatoire de la migration (pôle 3) » Le directeur chargé du commissariat, Issa Abdoussalam, a rassuré que dans les perspectives d’avenir, c’est-à-dire dans les évènements 2024 et 2025, le commissariat devra aboutir à « la validation politique de la stratégie de mobilisation et d’accompagnement de la diaspora (2024), l’implantation des antennes à Anjouan et Mohéli, le lancement du projet Wamanga wa Komori (2025) et les journées nationales de la diaspora (2025) ». C’est dans ce sens que le gouvernement dans son rôle d’accompagnement est sollicité dans des actions concrètes et porteuses. Serait-ce suffisant en matière d’accompagnement ?
Kamal Gamal
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