La Gazette

des Comores

Disparition de Mouzaoir Abdallah : Un baobab tire sa révérence

Disparition de Mouzaoir Abdallah : Un baobab  tire sa révérence © : HZK-LGDC

Ce jeudi matin 30 avril 2020, les Comoriens se sont réveillés dans la torpeur générale avec l’annonce de la disparition de l’ancien leader du parti RDPC ou parti « blanc ». Mouzaoir Abdallah. Ancien président de la Chambre des Députés, plusieurs fois Députés et Ministres et ancien président de la cour constitutionnelle, Mouzaoir Abdallah fait partie des hommes politiques issus de l’élite comorienne des années 70. Son parcours politique l’a conduit à occuper des postes stratégiques au niveau de nombreux départements ministériels notamment le ministère des affaires étrangères sous Ali Soilihi.


L’homme a été, au cours de ces soixante dernières années, au cœur de la vie politique et militant de l’archipel. Grâce à son intelligence hors pair et surtout à son talent politique indéniable, il a su traverser non sans mal, la jungle politique comorienne et esquiver les coups bas et les interlopes. Ses amis politiques parlent de lui comme un homme futé et doué d’une intelligence politique hors du commun. Ses proches amis politiques l’appelaient « chehou » comme pour traduire son talentueux parler, assez proche des chefs de confréries chadhouliyi ou kadriyi. « Chehou » a eu une carrière politique bien remplie. Il fait partie de jeunes loups comoriens diplômés et ayant débarqué dans l’archipel au milieu des années 60. Ces jeunes dès leur entrée en fonction se sont mis à contester le pouvoir du président de Said Mohamed Cheikh. Pour calmer leurs ardeurs et mieux canaliser la fougue de cette génération comprenant Ali Mroudjaé, Ali SoilihiMtsashiwa ou Ali Mirghane, le président Cheikh les intègre dans les administrations avec des grandes responsabilités 

 Après la grève des lycéens de 1968, Mouzaoir Abdallah, Ali Mdroudjaé et Abasse Djoussouf et leurs collègues fondent, le 9/9/1968 (« shenda shanda ») le RDPC qui deviendra un parti prépondérant sur la scène politique nationale. Le parti « blanc » a suscité beaucoup d’espoir chez beaucoup de ses militants et chez une frange importante de la population, mais ses jeux des alliances et des défections ont très vite entraîné des désorientations chez plus d’un. Le RDPC s’est ensuite fondu dans le parti bleu d’Ahmed Abdallah puis dans le front national uni qui sera l’allié d’Ali Soilihi Mtsashiwa dans son coup d’Etat du 13 aout 1975. Mouzaoir sera une des chevilles ouvrières du régime révolutionnaire. Il occupera le Ministère des Affaires Étrangères durant les deux et demi de la révolution Soilihiste. Suivra ensuite des difficultés multiples avec le régime d’Ahmed Abdallah jusqu’à la chute de ce dernier. Mouzaoir Abdallah ouvrira une nouvelle page de sa carrière avec l’arrivée de Djohar.

A une question qui lui fut posé en 2011 par La Gazette des Comores sur un éventuel retour en politique, il avait répondu : «Éventuel retour ! (Rire). Moi, je suis un Homme usé. Je frôle les 75 ans maintenant. Je ne vais pas me mêler dans ce tohubohu politique qu'il y a dans le pays. Maintenant, si le président de la république, le gouvernement me demande de donner un avis ou de participer à une réflexion, j'irais. Mais ce n'est pas pour ça que je demande un mandat politique. Ce pays m'a aimé. J'ai fait de la politique depuis l'âge de 26 ans. J'ai eu une carrière politique de 45 ans. J'ai été plusieurs fois au devant de la scène politique. Il n'y a pas un seul jeune qui eut le même parcours politique de même niveau que moi, ici. Pourquoi, je vais demander plus. Je suis fier d'être comorien, fier d'avoir servi mon pays. Je l'ai servi dans les moments difficiles. »

 Pour ceux qui l’on connu, on pouvait passer des heures à l’écouter cogiter sur les méandres de la politique sous les cocotiers.

 

Une biographie de lui serait en passe d’être publiée. Attendons donc pour mieux connaitre ce personnage hors du commun. Qu’Allah le tout puissant l’accueille en son Paradis.

 

Mmagaza

 

 

 


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