La Gazette

des Comores

Disparition Un monument du service public s’en est allé

Disparition Un monument du service public s’en est allé © : HZK-LGDC

C’était la voix de l’actualité internationale sur la radio et la télévision nationale (ORTC) depuis des nombreuses années. Mohamed Mouigni Ali alias Albinos s’en est allé dans l’après-midi du 30 janvier 2024. Pendant presque trois décennies Mohamed Mouigni a travaillé pour le compte de plusieurs medias, mais son ancrage au service public est celui qui l’a marqué à jamais jusqu’à son enterrement le dernier jour du mois de janvier dans sa ville natale d’Ikoni.


C’était un véritable trait d’union entre l’ancienne et la nouvelle génération de journalistes comoriens. Il a appris auprès des plus grands (Ben Abdou, Hachim Saandi, Papa Djambae…) mais il a biberonné aussi certains (Aubin Rachid, Soidri Said…) journalistes de la nouvelle génération. Il était pour ainsi dire et paraphraser Georges-Marc Ben Amou, le dernier des journalistes. Apres lui disparait la prestance, la dignité et surtout l’amour du travail. « A notre époque il était le premier à venir et le dernier à partir du boulot », s’est confié à la presse comorienne, Aubin Rachid qui a connu le défunt durant son passage à la Radio nationale.

Malgré l’avènement des medias sociaux à travers la nouvelle technologie de l’information et de la communication, Albinos a su rester le même en privilégiant beaucoup plus l’information à la communication et plus encore la recherche au sensationnel. C’était une espèce rare dans le monde actuel des medias ou les journalistes courent derrière l’audimat et le buzz en oubliant le plus souvent les codes et l’éthique (déontologie) qui régissent le métier de journaliste qui sont des principes de base universels.

« Il aurait pu prétendre à un poste administratif vu le talent de rédacteur et ses analyses pleines de pertinence, mais il choisit de rester l’humble journaliste qu’il était par amour du métier » a renchérit le bouillant Aubin Rachid très affecté par celui qu’il n’hésite pas à nommer comme l’un de ses mentors. Au début des années 1990 avec les Felix, Mmadi Moindjie et autres ils ont été à la manette avec Djabal TV qui a été pendant des nombreuses années une des références des medias indépendants par le traitement de l’information. Mohamed Mouigni est parti laissant derrière lui une presse certes plus développée qu’elle ne l’était à ses débuts, mais inféodée par des courants divers qui risquent de mettre à mal sa propre survie.

Imtiyaz

 

 

 

 

 


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