La Gazette

des Comores

Drame à Marseille : Une soirée qui vire au meurtre

Drame à Marseille : Une soirée qui vire au meurtre © : HZK-LGDC

Décidément, ces derniers temps, les faits divers défraient la chronique dans le pays. En 24h, deux meurtres ont particulièrement secoué les Comoriens de l’intérieur, tout comme ceux de la diaspora, basés en France, à Marseille plus précisément. Au sud de la France, le meurtre atroce de Fakri Mhadjou, a été offert au public presque en mondovision.


C’est un spectacle macabre, que les auteurs de la vidéo montrant les dernières secondes de vie du jeune, Fakri Mhadjou, ont montré aux comoriens. La vidéo démontre surtout une démission collective de personnes dénuées de tout sens d’humanité, préférant filmer, faire le buzz au lieu de venir en aide à un compatriote, un ami qui était sur le point de perdre la vie. Dans un déchaînement de folie, l’auteur du crime, qui est hélas aussi un jeune comorien, un beau-frère de la victime, a frappé à plusieurs reprises la tête de Fakri sur le bitume, malgré les supplications jusqu’à ce que ce dernier rende l’âme. Marié à une jeune fille de Foumbouni, la victime soupçonnait son bourreau d’entretenir une relation avec son épouse. C’est en l’interpellant de mettre fin à cette relation, que la bagarre a commencé, et a abouti à la mort de Fakri Mhadjou. Une triste réalité d’une société qui est en véritable déroute morale. Le désir mimétique, conduit aujourd’hui le comorien et d’une manière générale la société comorienne à s’affranchir de toute les barrières. 

Aujourd’hui, le repère n’est plus seulement le cercle du village, les anciens, ou nos us et coutumes. Le modèle est celui qui se fait ailleurs, qui est apparenté à tort comme de la modernité. Ou comment expliquer, que l’endroit où s’est déroulé cette agression, c’est dans une salle de fête où se déroulait un concert d’un artiste comorien, déplacé spécialement depuis les Comores, pour se produire en plein mois de Dhul’Hadj. Le désir d’imiter, est devenu plus fort, que nos propres valeurs. Arriver à ce stade, toutes les digues sautent, comme disait René Girard « Quand l’imitation extérieure devient plus forte que la transmission interne, les repères hérités s’affaiblissent. » Une citation qui trouve tout son sens, dans ce qui s’est passé dans cette nuit fatidique, qui a emporté, Fakri, alors que d’autres compatriotes préféraient immortaliser l’événement au lieu de secourir, malgré les cris de détresse de celui qui était en train d’agoniser. 

D’ailleurs, c’est dans ce sens que le parquet de Marseille aurait ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire en réunion. « Un homme de 34 ans est mort ce samedi 23 mai à l’aube après une rixe au cours d’une soirée dans le quartier du Canet. Une enquête pour homicide volontaire en réunion a été ouverte », lit-on sur un article de nos confrères de La Provence. Selon l’auteur de l’article, à l’arrivée des premiers secours, le jeune homme de 34 ans était déjà dans un état d’arrêt cardio-respiratoire. « En arrêt cardio-respiratoire à l’arrivée des secours qui l’ont longuement massée en vain, la victime - un homme de 34 ans - n’a pas pu être réanimée. » Et l’auteur de conclure : « Son autopsie devra déterminer si les causes de la mort proviennent des coups ou de sa chute. » En attendant, la vidéo, qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux démontre clairement, un homme à terre, et un autre en dessus, en train de frapper la tête du premier sur le bitume. 

Imtiyaz

 

 


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