Le directeur général de la Société Nationale d’Exploitation et de Distribution d’Eau (SONEDE) avait promis, lors d’une conférence de presse, que l’eau coulerait dans les robinets de la capitale entre le 8 et le 9 février. Nous sommes le 3 mars, deuxième jour du Ramadan, et la capitale continue de vivre un calvaire quotidien.
« La fausse promesse du directeur général de la SONEDE ! » C’est ce que répètent des milliers d’habitants de Moroni, capitale des Comores, confrontée à une pénurie d’eau sévère depuis juin 2024. Lors d’une conférence de presse début février, le directeur général de la SONEDE, accompagné de son directeur technique, avait annoncé que l’eau coulerait dans les robinets le week-end du 8 au 9 février avant le début du mois de ramadan. Pourtant, seuls certains quartiers de la capitale ont brièvement vu cet « or liquide » couler pendant une seule journée. Depuis, plus rien. Interrogé, le directeur technique évoque une panne de moteur qui complique l’approvisionnement en eau dans de nombreux quartiers. « Cela fait neuf jours que le moteur est hors service. Les techniciens ont diagnostiqué un problème au niveau des injecteurs, causé par un défaut du gasoil. Le groupe électrogène est tombé en panne, ce qui aggrave la situation. Sans énergie, nous ne pouvons rien faire, car ce moteur assure la distribution de l’eau. Auparavant, en cas de coupure électrique, l’eau pouvait encore être fournie grâce à ce moteur, mais aujourd’hui, c’est devenu très compliqué », a-t-il déclaré au journal Al-Watwan.
Le calvaire quotidien continue. Les Comoriens ont débuté le Ramadan ce dimanche sans voir la moindre goutte d’eau dans leurs robinets. La promesse du directeur général de la SONEDE n’a jamais été tenue. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la SONEDE avance des promesses non respectées. Les habitants s’interrogent : la SONEDE sera-t-elle en mesure de fournir de l’eau durant ce mois sacré ? Peut-être oui, peut-être non, car la direction technique n’a avancé aucune date précise. Cette incertitude inquiète de plus en plus les clients. « Imaginez que nous devions passer tout le Ramadan sans eau, ce serait intenable. Déjà, il est difficile d’acheter de quoi manger, alors acheter de l’eau en plus devient un véritable fardeau surtout en ce mois de ramadan », déplore Maman Naïm, mère de deux enfants résidant au quartier Mboueni.
Depuis le lancement des travaux de réhabilitation des deux citernes, la vente d’eau est devenue un business très rentable. La SONEDE, à travers cette activité, continue de générer d’importants bénéfices tout en ignorant le fait que les Comoriens n’ont pas accès à l’eau courante depuis presque un an. « Je n’ai pas vu l’eau depuis dix mois. Lorsque j’ai entendu l’annonce du directeur général, j’étais très heureux. Dès samedi, j’ai commencé à surveiller mon robinet dans l’espoir de voir l’eau couler. Dimanche, toujours rien. Et jusqu’à aujourd’hui, mon robinet reste désespérément sec », témoigne Maman Rachida, habitante du quartier Route Elbak. Elle ajoute : « Nous croisons les doigts pour que l’eau revienne, sinon la situation va devenir insupportable. »
La perspective de commencer ce mois sacré sans un accès fiable à l’eau potable est une source de grande inquiétude pour les habitants de Moroni, étant donné l’importance de l’eau dans les rituels religieux et les besoins quotidiens. Face à cette crise, le gouvernement avait débloqué 59 millions de francs pour soutenir la SONEDE dans ses efforts pour rétablir l’approvisionnement en eau. Le gouvernement interviendra-t-il comme il l’a fait avec la SONELEC afin d’aider les Comoriens à passer le Ramadan dans les meilleures conditions ?
Désespérés, certains habitants tiennent les autorités nationales pour responsables de cette crise. « Si une autre personne était à la tête de la SONEDE, elle aurait probablement été jetée en prison. Mais Soundi n’a jamais été inquiété et continue d’agir comme si de rien n’était », s’indigne un étudiant universitaire. Il ajoute : « Aujourd’hui, on nous parle d’adopter des compteurs prépayés pour une gestion simplifiée de l’eau. Mais dans quel monde vivent-ils ? Nous devons d’abord avoir de l’eau avant de parler de gestion ! Cela prouve une fois de plus que la société ne pense même plus à ses clients. » À ce stade, il est urgent que des mesures efficaces et durables soient mises en place afin d’assurer un approvisionnement stable en eau à Moroni, particulièrement durant ce mois de Ramadan.
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