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Détention de Sambi « Par peur, on refuse de parler du cas Sambi publiquement »

Détention de Sambi « Par peur, on refuse de parler du cas Sambi publiquement » © : HZK-LGDC

Cela fait 3 ans et 5 jours depuis que l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi se trouve en détention provisoire à son domicile de Voidjou. Dans un coin de Mutsamudu, si rares sont les personnes qui osent s’exprimer sur le sujet et s’ils le font c’est sous le sceau de l'anonymat.


Ce 20 août 2021, le compteur affiche 3 ans de détention pour l’ancien président Sambi. A Anjouan, les réactions de ses défenseurs se font en cachette par peur de représailles, comme le témoigne un membre du parti Juwa. « A Anjouan on refuse de commenter cette affaire et surtout de faire un commentaire publiquement par peur », avance une fervente militante du parti Juwa de l’ancien président, qui a déjà goûté la prison sous ce régime. À la place M'roni de Mutsamudu, un Sambiste montre que « nos frères sont en prison et d'autres viennent d'être relâchés sans savoir de quoi ils sont accusés jusqu'à maintenant, mais Allah nous sauvera ».

Au niveau des citoyens, la détention de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi est qualifiée d’arbitraire. « 3 ans et 5 jours sans être jugé, c'est de l’arbitraire et de l’ingratitude », lance Blaise un taximan de la capitale, avant d’ajouter que « c'est une méchanceté sans nom ». Ce dernier appuyé par l'auteur de la chanson très célèbre "Wavira warotso yi Ntsi », John Baloz estime que l'emprisonnement de Sambi est « une séquestration déguisée en faux procès ». Aux yeux de plusieurs anjouanais, même si Azali allait construire des monuments en or ou distribuer des mallettes de fric à la population, mais sans libérer Sambi, il ne serait jamais le bienvenu à Anjouan. Pour François Ali Charcane alias Zola, Sambiste de cœur et d'idées trouve que la détention de l’ancien rais est injuste.

Au niveau du pouvoir, ils estiment que c'est une affaire qui relève de la justice. « Un jour Sambi sera jugé, une fois toutes les pièces réunies », avancent plusieurs personnes proches du régime. Pour Toulayb Said Ali, responsable de la jeunesse et sports auprès du gouvernorat d'Anjouan, il est clair sur ce sujet « Sambi mérite ce châtiment, car il nous a trahi nous autres qui l'ont soutenu depuis 2006 pour les intérêts d'Anjouan », lâche-t-il.

Nabil Jaffar

 


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